mater_furiosaJ'ai découvert "Stabat Mater Furiosa" lors d'un stage de théâtre contemporain et je m'en étais pas remise.
C'est un très beau texte, très agréable à dire.
Une femme sur scène apostrophe le public puis des personnages invisibles, son père, son frère, des hommes du futur... elle invente un futur pacifique pour son Liban et le monde entier.

Citation :
Je suis celle qui refuse de comprendre
je suis celle qui ne veut pas comprendre et qui implore
et si j'implore ne riez pas
pas de haussements d'épaule
pas de murmures
et pas de prétextes les yeux baissés
pour éviter ma voix
mon émotion n'est pas un chien que je promène
un petit chien-chien que je cajole et promène
mon émotion est noire et lourde
elle a le poids de la hache
et le tranchant du silex
et si je prie c'est sans dieux
si je prie c'est comme quand on dit : je vous en prie
c'est la vie que je prie
je vous en prie la vie et
je ne sais pas de quoi je la prie mais
je sais que la prière est lourde et noire
qu'elle n'appelle pas ne commente pas n'apure pas les comptes
elle viendra
ma prière un moment seulement s'il vous plaît
toi mon garçon écoute laisse laisse
jeux leçons et chansons
si tu en as le privilège
écoute reste ici debout
dans le pré carré d'ombre et de silence qui peut nous tenir lieu de parloir
tant pis pour toi tu es né tu es de ce monde
tu sauras
tu ne peux échapper à ma prière noire
toi mon père approcheSTABAT_MATER_SEPT_08
regarde-moi ose me regarder en face
je suis celle qui essaie de ne pas comprendre de ne pas te comprendre
de ne pas entendre tes raisons
je hais tes raisons je fais silence sur tes raisons
ah oui nous avons marché dans la brume des champs
dans l'aurore chahutée des villes ma main dans ta grande main qui me voulait tienne et douce et hardie et neuve et affamée et convaincue de ton désir d'être mon père
mais cela ne compte pas ne pèse plus
écoute et ose regarder mes yeux

Je dirai la même chose des "Soliloques", que je viens de lire : on veut les prononcer à haute voix. Il s'agit des discours que font ou que pourraient faire les rejetés des pays "riches", les abandonnés de Dieu, de véritables déclarations de dignité.