15 avril 2008
"Le Guide du voyageur intergalactique", de Garth JENNINGS (2005)
Synopsis d' Allôciné.com :
Sale journée pour le Terrien Arthur Dent. Sa maison est sur le point d'être rasée par un bulldozer, il découvre que son meilleur ami, Ford Prefect, est un extraterrestre et pour couronner le tout, la Terre va être pulvérisée dans quelques minutes pour faire de la place à une voie express hyperspatiale.
Arthur a une chance de survivre, mais il doit pour cela se faire prendre en stop par un vaisseau spatial, avec l'aide de Ford. Sa plus grande aventure va commencer au moment où notre propre monde disparaît... Arthur se jette dans l'inconnu et entame un délirant périple au cours duquel il va découvrir la véritable nature de l'univers.
Un film surprenant dès le début, qui semble aller d'un caprice et d'une fantaisie à l'autre, mais formant un tout très pensé : Le Guide du routard intergalactique de Douglas Adams en 1978 est toujours un roman-culte aujourd'hui et dans certaines coteries, on évalue votre degré de geek attitude en vous demandant : "Pourquoi 42 ?" Seuls ceux qui ont lu (maintenant vu) peuvent dire...
Les Vogons sont un modèle de déréliction et de bêtise : j'ai hurlé de rire à la scène de la plage et aux idées châtiées (mais je n'en dirai pas plus : il faut que vous puissiez hurler de rire aussi). Le robot dépressif est formidable, on l'aime à la folie.
Vraiment à voir (à lire) ! La bande-annonce est déjà une promesse de 2ème degré :
10 avril 2008
"La Dernière Tentation du Christ" de Martin SCORSESE (1988)
Jeunesse et passion du Christ, ses dernières pensées sur la croix, d'après le roman de Nikos Kanzantzakis.
MON AVIS
Le voilà donc, ce film qui a causé des incendies criminels de la part des catholiques intégristes dans les cinémas.
J'ai été un peu étonnée devant le film lui-même. Effectivement, les évangiles sont bousculés, Marie Madeleine et Jésus sont amis d'enfance, il est chaste, elle est prostituée, Judas un des plus proches amis de Jésus, ce dernier met du temps à comprendre le sens de son existence et des voix qui lui parlent... Mais enfin, l'avertissement en début de film aurait dû prévenir les cerveaux lents qu'il ne s'agissait pas d'une réécriture des évangiles, mais d'une libre interprétation sur un thème donné.
Quant à la tentation elle-même, pourquoi la douleur et la peur conjuguées n'auraient-elles pas nourrie une telle hallucination ? Non, décidément, je ne m'explique un tel scandale que par le seul désir d'en faire un, d'intimider le monde entier.
On peut voir une bande-annonce ici : http://fr.movies.yahoo.com/l/la-derniere-tentation-du-christ/index-5132352.html
01 avril 2008
"Le Grand retour de Boris S." de Serge Kribus
J'avais lu la pièce Le Grand retour de Boris S. dans l'édition Actes Sud/Papiers et cela avait été un grand plaisir et beaucoup d'émotion. Comment la pièce n'aurait-elle pas brûlé les planches ?
Théâtre de Fontblanche, Vitrolles.
Mise en scène de Jean-Claude NIETO.
Affiche d'Eric TOURNAIRE.
Boris Spielman : Albert ...
Henri Spielman : Guillaume ...
L'HISTOIRE
Un père, Boris Spielman, comédien de profession à la retraite, débarque chez son fils qui vient de se séparer de sa femme et se trouve sur le point de perdre son travail. Il doit répéter Le Roi Lear au débotté et ne sait où dormir. Il se fait une fête de cette cohabitation, mais les heurts surviennent immédiatement avec son fils...
MON AVIS
Une très belle pièce, entre l'émotion et le rire, qui donne une grande impression de vécu dans les dialogues. Les thèmes abordés sont bien évidemment la communication en famille et particulièrement entre un père et un fils, cette façon de se chamailler au lieu de se dire l'essentiel, mais aussi un certain port (ou refus de port) de la judéité aujourd'hui, la souffrance tue de la génération qui a connu la guerre, la pudeur...
Les décors, en sobriété : la structure et les reliefs seuls importent. La lumière aide à faire prendre conscience du temps qui passe, point. Le choix des costumes est assez inattendu : le père, qui a été comédien une bonne partie de sa vie, est habillé d'une façon un peu désuète, comme une sorte de Buster Keaton âgé, le fils est plus juvénile que la pièce paraissait le dire mais s'attachant au métier du rôle (dessinateur) table sur l'"adulescence" : cheveux blonds mi-longs, comme un Kurt Cobain propre sur lui et jean's-T-shirt.
Après le monologue du début, difficile à froid tant il est chargé d'émotion, le fils va occuper les dialogues et l'espace, gagnant peu à peu un naturel qui émeut. Le père est un père enfantin qui voudrait protéger mais demande peu à peu l'amour qui lui manque, maladroit dans sa volonté d'être là : Albert joue à merveille la contrition et la surprise peinée requises par le rôle, sans surjeu ni cabotinage, et ce qui aurait pu passer pour une invraisemblance (comme le lui reproche son fils, il est complètement dépassé, y compris sur son propre terrain, le théâtre) passer alors comme une lettre à la poste. Les deux acteurs nous mènent parfois aux larmes.
Mon regret est une modification dans le texte pour le bien de la mise en scène (et sans doute du budget), qui a causé quelques dommages : afin de garder un décor unique, la sortie au restaurant (le retour dans la rue et l'incarcération au poste) est annulée au profit d'une petite dînette dans l'appartement du fils. Cela change un peu la portée des paroles du fils ensuite : après tout, ce dernier avait demandé à son père de s'épancher, lui reprochant de ne jamais lui avoir confié ses douleurs. L'alcool et l'intimité recréée aidant, celui-ci "se lâche", mais le fils lui répète "Arrête, papa !" trop peu de temps après lui avoir réclamé des confidences. Ces cris "J'ai souffert !" s'exposent à une censure qui s'expliquerait mieux par le désir de ne pas attirer l'attention des tables voisines (en se levant de table et faisant des grands gestes) que par inquiétude pour les voisins de l'autre côté de la cloison. Mais pourquoi pas un huis-clos, après tout.



