29 juin 2008
"Maradona", d'Emir KUSTURICA (2008)
Il s'agit d'un documentaire composé d'images d'archives, de reportages annexes, d'entretiens avec Maradona et d'Emir Kusturica qui présente des extraits de ses films, en lien avec la personne et le personnage de Maradona.
MON AVIS
Comment j'ai réussi à ne jamais voir un seul film de Kusturica, je l'ignore. Ce n'est pas de propos délibéré qu'il manque à ma filmographie, et je l'ai souvent regretté en écoutant les fabuleuses B.O.F. qu'il a commandées. Ce film est une rencontre : avec un metteur en scène et avec un sportif pour lequel, je l'avoue, par indifférence et peut-être réticence. Le metteur en scène, en effet, ne s'efface pas devant son sujet, et il arrive que je voie assez mal le lien entre les extraits de ses films et Maradona.
Ce reportage tient du film familial : on y aperçoit Maradona dans des fonctions officielles (leader d'un
mouvement anti-capitaliste et anti-impérialisme), mais aussi dans des situations familiales extrêmement privées (l'anniversaire de sa fille Delma) et des confidences qu'on ne fait en général qu'à son meilleur ami. Il y est question de drogue, bien sûr, mais aussi d'amitié, d'engagement, d'amour familial, et (alors là, si je m'y attendais) de désintéressement, bien avant que la richesse ait pu lui en ôter le mérite. On le voit rencontrer Fidel Castro et lui témoigner son attachement. Tout doucement, Maradona semble "se reconstituer", on aperçoit un homme épicurien, sans doute dans l'aisance, mais sans tapage, très famille, vivant dans un bain idéologique et musical et appelant toute l'Amérique latine à de la dignité devant les Etats-Unis d'Amérique.
Nous sommes en plein championnat d'Europe, et j'avoue que j'ai été impressionnée de pouvoir comparer en sa faveur ses foulées et ses tirs, par rapport à ceux que nous apercevons à la télévision.
Contrastant avec cela, des images navrantes, même si l'on tient compte du deuxième degré : les rites d'une Eglise Maradonienne, adorant un ballon, un chapelet de 35 ballons (le nombre de but pour l'Argentine), avec ses sacrements de baptême et de mariage... de même, je n'ai pas tellement apprécié ce dessin animé qui revient sans arrêt de Maradona combattant famille royale d'Angleterre, Bush, etc. sur un terrain de foot. Une fois aurait suffi.
J'ai trouvé un blog qui se montre encore plus sévère que moi : sans doute quelqu'un de mieux informé que moi de ce qu'est la vie du sujet.
"Indiana Jones et le Royaume du Crâne de cristal", de Steven SPIELBERG (2008)
Hou la la, je crois que j'ai déjà oublié. Bon.
On est en pleine guerre froide, et l'ennemi fanatique d'occultisme envoyant des bonnes femmes à la fois glaciales et hystériques (Cate Blanchett, dans le rôle d'Irina Spalko) quérir des Graals et autres hochets magiques, cette fois, c'est l'U.R.S.S.
Un ami du Dr Jones a disparu et c'est un jeune motard, Mutt, qui vient lui proposer une piste pour le retrouver : cet ami était sur les traces des crânes de cristal d'Akator, de curieuse forme, au Pérou... Vous voyez où Spielberg veut en venir ?...
MON AVIS
Les invraisemblances se notent à tour de stylo, mais on n'est pas là pour ça. Ou on adhère aux Indiana Jones ou on reste chez soi. J'ai noté au crayon à papier, pour le plaisir intellectuel de ne pas me sentir trop dupe, mais j'effaçais aussitôt, afin de gagner le plaisir non-intellectuel de l'aventure, de la vitesse, de l'humour, du frisson, évidemment. Le mélange archéologie-occultisme-ufologie sur fond a failli m'irriter, mais je me suis consolée en constatant que le film n'est pas tendre avec l'anti-communisme primaire de l'époque maccarthyste ; de même, certains clins d'oeil à la société nord-américaine de ces années-là sont sympathiques (rivalités blousons noirs/teddy bears, etc.).
24 juin 2008
"Le Monde de Narnia", chapitre 2 : "Le Prince Caspian" d'Andrew ADAMSON
L'HISTOIRE
Il a dû me manquer de ne pas avoir vu le premier chapitre, car certaines causalités me sont restées floues.
Quoi qu'il en soit : Le prince Caspian soit quitter d'urgence le château de son oncle Miraz, car ce dernier, enfin pourvu d'une descendance, a décidé de le sacrifier. En fuite dans la forêt, il joue d'une mystérieuse trompe blanche et sculptée et... cela fait revenir les quatre rois de Narnia, de notre Londres contemporaine. Ces derniers découvrent que depuis leur départ, leur royaume a été détruit et Aslan a disparu. Ses raisons resteront obscures. La résistance s'organise sans lui...
MON AVIS
Le thème du monde imaginaire a encore de beaux jours devant lui, servi par des effets spéciaux parfois saisissants mais pas suffisamment appuyés : à force de filmer "avec naturel", par exemple, les centaures, on finit par être frustré d'un examen plus appuyé, que leur étrangeté souhaiterait. La lumière est superbe. On retrouve la symbolique chrétienne du précédent épisode, avec celle du baptême, ou du sacrifice (le minotaure tenant la herse du château, les deux bras perpendiculaires au corps et mourant pour les autres).
Comme je l'ai dit plus haut, j'aurais vraiment aimé comprendre la disparition d'Aslan : trop d'épisodes sont juxtaposés (comme celui de la sorcière blanche).
Le Monde de Narnia : Prince Caspian - Trailer [VF]
envoyé par Lyricis
10 juin 2008
"Tatie Danielle", d'Etienne CHATILIEZ (1990)
Vu lors de sa sortie, revu depuis, à la télévisin ou en DVD-VHS.
L'HISTOIRE
Après la mort de sa gouvernante, qui était son souffre-douleur, Mme Billard (Tsilla Cheldon) va être prise en charge à leur domicile par ses neveux, contre une donation, bien qu'on comprenne que ces derniers, doux et gentils, n'étaient pas intéressés financièrement.
Elle va alors poursuivre le petit jeu de faire tourner en bourrique ceux qui ne veulent que son bien.
MON AVIS
On en a tous une dans notre entourage, je vous l'assure. Chatiliez semble vouloir dire, grâce au personnage joué par Isabelle Nanty, qu'on naît Tatie Danielle et qu'on se perfectionne avec le temps, avec une latitude d'autant plus grande, offerte par le grand âge, de casser les pieds sans être reprise de volée.
Pas de gradation dans l'horreur, en réalité, c'est le développement des occasions qui fait escalade de conséquences : toute l'abjection d'une vieille ordure est donnée dès les premiers plans du film. Le scénariste a pourtant une grande tendresse également pour son personnage faire-valoir, car elle s'en sort bien mieux que ses neveux, très meurtris par l'expérience.
08 juin 2008
"Le Terminal", de Steven SPIELBERG (2004)
Victor Navorski (Tom Hanks), un habitant de la Krakozie (on va faire comme si ce pays existait), a fait une promesse à son père et doit se rendre aux Etats-Unis d'Amérique. Malheureusement, au moment où il y arrive, on lui apprend, à grand'peine car il ne parle pas un mot d'anglais, qu'il est apatride et provisoirement interdit de séjour aux USA. Il va vivre dans le Terminal, nanti de quelques tickets repas et de ses affaires de toilettes. C'est compter sans son immense débrouillardise...
MON AVIS
Il serait facile d'être assez sévère avec de film, dont je suis sortie avec une impression d'inaccompli, de bâclage, d'alignements de clichés récurrents dans le cinéma américain (oh, la jovialité de débile léger affublée à tout ce qui a l'accent slave !). J'aurais attendu mieux de Spielberg. Mais celui-ci, à bien y réfléchir, se montre très sévère avec les règles kafkaïennes qui président à l'entrée dans son pays, règles qui ne peuvent être atténuées, c'est la leçon du film, que par l'humaine bonne volonté. Noter la présence de Catherine Zeta-Jones en belle hôtesse de l'air insaisissable et velléitaire.



