21 septembre 2008
"C'est dur d'être aimé par des cons", de Daniel LECONTE (2008)
Histoire vraie. Sous forme de documentaire et d'images tournées à l'époque et avec des interviews rétrospectives, Daniel Leconte reconstitue ce qui fut l'affaire des caricatures pour Charlie Hebdo.
Le titre vient d'une couverture faite par Cabu (énervé par la polémique et qui en avait rajouté), où les personnes visées étaient bien les intégristes, mais ces derniers se sont ingéniés à laisser croire que "les cons" désignait "les musulmans".
MON AVIS
En fait, pour avoir lu "L'Affaire des caricatures", par Mohamed Sifaoui, et "Tirs croisés (...) de Caroline Fourest et de Fiammetta Venner, non seulement j'en savais déjà beaucoup sur les protagonistes actuels des affaires de religion, de laïcité et de liberté d'expression, mais je retrouvais les auteurs dans ce film !
Du coup, j'ai un peu regardé tout cela comme en terrain connu, à part quelques passages hallucinants : des interviews, des réactions de tiers ou de personnes célèbres, par exemple l'avocat de la partie adverse qui se lance dans une attaque ad hominem contre Caroline Fourest... Le combat de Charlie Hebdo, qui à mon avis charrie dans les bégonias parfois, devient l'avant-garde de la liberté d'expression dans ce pays : comment avons-nous pu la laisser choir comme ça ?
Malgré tout, j'ai été très émue en regardant tous ces visages en ayant l'impression d'avoir affaire à des héros modernes, des Républicains convaincus, et, en ce qui concerne les opposants (qui pour moi se sont trompés de bonne foi pour la plupart sur les intentions du journal assigné), notamment les anonymes, j'ai ressenti malgré tout une certaine gratitude - et c'était la conclusion du juge - à voir que le débat a un peu avancé grâce à eux tous.
13 septembre 2008
"Prête-moi ta main", d'Eric LARTIGAU (2006)
Luis (Alain Chabat), "nez" dans un laboratoire de parfumerie, âgé de 43 ans, vit le confort et les inconvénients du seul homme dans une famille devenue matriarcale après le décès de son père, Hercule. On lui choisit ses copines, on le conseille (vivement), on lui "fait son linge", on le dorlote, on l'espionne... Puis la mère et les cinq soeurs, conscientes d'être elles-mêmes piégées par ce système, décident que Luis doit se marier. Pour échapper à l'avalanche des copines choisies par ses soeurs, Luis engage la soeur de son meilleur ami, Emma (Charlotte Gainsbourg), d'abord pour séduire sa mère et ses soeurs, ensuite pour leur déplaire : le but est qu'on ne lui parle plus jamais de mariage.
MON AVIS
La fin d'un tel film est forcément téléphonée, les situations intermédiaires également. Tout est dans la bande-annonce. Mais je m'y suis laissée prendre, si, si. Faute d'éclater de rire (les coups de théâtre sont vraiment trop artificiels), j'ai souri.
Prête-moi ta main sur Comme Au Cinema
02 septembre 2008
"Ludwig ou le crépuscule des dieux", de Luchino Visconti (1973)
Evocation du règne de Louis II de Bavière, protecteur des arts, et en particulier de Richard Wagner qui dut son salut et la possibilité de réaliser ses plus belles oeuvres grâce à ce monarque...
MON AVIS
Je ne parviens toujours pas à comprendre la fascination que j'ai eue pour cette histoire, au point de la suivre deux soirs de suite à la rentrée, sur ARTE. Les passages où l'on entendait sous forme de clochettes de boîte à musique des extraits des opéras de Wagner me mettaient en transes, alors qu'habituellement c'est un des compositeurs qui me laisse le plus indifférente. J'ai eu une impression de douce familiarité avec tous les sons, toutes les images, toutes les discussions.
Helmut Berger, qui joue le rôle de Louis II, est complètement investi du rôle, il est le rôle et sa ressemblance physique avec Romi Schneider, qui joue une fois de plus Sissi, mais une Sissi inquiétante, ambigue, est à la fois extraordinaire et complètement historique. Belle histoire d'amour impossible, cousin-cousine dont les unions consanguines donneraient à leur liaison sans début ni fin un parfum de véritable inceste narcissique. On voit le personnage passer de la jeunesse, de la beauté, de la pure sensibilité à leur pendant inverse, dont la folie. On est également touché par le ménage à trois des Von Bülow (Silvana Mangano porte son rôle de Muse intrigante sur le visage) et de Wagner, passant d'un effet Thénardier impudent à l'innocente petite famille rachetée par l'amour.



