age_of_stupidL'HISTOIRE


Un homme (Pete Postlethwaite), sorte de conservateur de Musée de l'apocalypse, juché au milieu de la mer au large de la Norvège dans un monde dévasté, en 2055, décide de profiter que son ordinateur marche pour examiner toutes les archives des années 2000 à 2009, pour voir si vraiment les hommes avaient conscience à l'époque qu'ils faisaient déjà du monde un territoire de mort pour leurs enfants.

Il voit un jeune couple de Britanniques qui, ayant pris conscience lors d'une promenade avec un guide français octogénaire, que les glaciers fondaient, changent leur rapport à l'énergie et installent des éoliennes. Ils sont déboutés d'une projet d'installation à grande échelle (desservir les besoins en énergie de 11.000 personnes, excusez du peu !) pour des raisons esthétiques : tout le monde veut bien des énergies alternatives, à condition que ça soit plus loin. Les raffineries dans le paysage, les nuisances sonores d'un circuit automobile ou d'une autoroute, ça, c'est différent !

Le même octogénaire tente de faire pousser des légumes dans un potager à côté duquel passent 5000 poids-lourds par jour (je ne veux même pas penser au taux de plomb de ses légumes), tunnel du Mont-Blanc oblige.

En Inde, le jeune patron d'une entreprise de vols aériens low-cost se gargarise des bonheurs du capitalisme, de la mondialisation, qu'il a repeint aux couleurs d'une démocratisation (il permet des vols à 1 roupie, il est donc un progressiste !) et de l'humanisme.

Au Nigeria, une jeune femme qui aimerait tant vivre comme aux États-Unis d'Amérique, voit son projet de faire des études de médecine tomber à l'eau parce que ce pays vient exploiter les ressources en pétrole de son pays, sans que les 13% du profit dégagé pour le pays soit reversé à la population locale : ainsi le poisson qu'elle pêche se raréfie-t-il, est-il couvert du pétrole dégagé par la raffinerie. Le pays est ravagé par les rixes, les trafics, la pauvreté...

Aux États-Unis d'Amérique, un homme prétendument touché par l'ouragan Katrina ne voit quand même pas le lien entre le mode de vie US, son métier de prospecteur sur les plates-formes de forage et les dérèglements des températures, du climat, des phénomènes climatiques.

Conclusion sans appel : les hommes ont vu, savaient et n'ont rien fait.

MON AVIS


 

C'est intéressant de voir enfin autre chose que ce malheureux ours blanc famélique ou noyé, qui me brise, personnellement, le cœur, mais je ne crois pas qu'il touche grand monde, vu comment les choses avancent.

Il est infiniment plus violent de voir une jeune femme intelligente, généreuse et travailleuse boire de l'eau sale en se tuant au travail parce qu'elle n'a pas les droits qu'elle devrait. De voir que certaines personnes préfèrent voir leur paysage chargé de voitures, d'usines polluantes que de tolérer les bien faibles nuisances (c'est quelqu'un qui ne peut pas dormir, certaines nuits, à cause des bruits d'une torchère de raffinerie proche de chez elle, qui écrit) du voisinage des éoliennes. Parenthèse : quelqu'un a été à côté d'un champ d'éoliennes en plein fonctionnement et m'a dit ne pas comprendre cette réputation de bruit et de laideur qu'on leur a fait ! C'est tout à fait négligeable et c'est un spectacle magique.

Sur la solution politique, le documentaire montre assez que les plus hauts postes décisionnaires sont occupés par des personnes qui ont été "pantouflées" par les grands trusts pétroliers et qu'ainsi tout ce qui ferait du pétrole une énergie secondaire, qui nous laisserait le temps, en 40 ans, de nous retourner, n'est pas accompli.

J'ai aussi énormément apprécié que le documentaire montre que cette énergie n'est pas qu'une catastrophe sur le plan écologique : sur le plan moral, c'est la raison de presque toutes nos guerres actuelles, en attendant les guerres pour l'eau.

Vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=DZjsJdokC0s