klezmer01Le klezmer est une musique juive ashkénaze que va pratiquer un groupe de musiciens qui se sont fortuitement rencontrés.

Au début du tome I, "Conquête de l'Est", un musicien polonais, qui se fait appeler Le Baron (de mes fesses) se retrouve tout seul après le massacre de son orchestre par un orchestre klezmer qui craignait sa concurrence dans un village. Il en réchappe et va quand même y jouer un air d'harmonica, refusant malgré son triomphe, de prendre la tête de la troupe qui a tué ses compagnons. Mais une jeune fille qui craignait un mariage arrangé, Hava, décide de le suivre.

Pendant ce temps-là, Yaacov et Vincenzo sont chassés de leur yeshiva respective et se rencontrent. L'un se croit musicien (il prend un banjo et une clarinette dans les ruines du convoi des musiciens du Baron), l'autre est très accommodant sur tout, sauf sur le violon, et ils croisent le destin d'un tzigane pendu par des cosaques, qu'ils sauvent. Tchokola le Tzigane est persuadé qu'il n'est pas musicien mais joue de la guitare à ravir.

klezmer02C'est à Odessa qu'ils se rencontrent : le Baron joue du piano, Hava chante ; Tchokola, Vincenzo et Yaacov grimpent sur scène à leurs côtés, sans permission. Ils reçoivent aussitôt un engagement, qui sera raconté dans le tome II : "Bon anniversaire, Scylla". Le Baron récupère sa carinette

Pour moi, ce sont deux des meilleurs albums de Joann Sfar : poétiques, drôles, tristes, remplis de rebondissements, de petites histoires, de contes insérés (quand le Tzigane s'improvise conteur juif, franchement, il vaut son pesant de marrons glacés !). Sans jamais faire de morale appuyée, il plaide pour une entente, un mélange de ce qui paraît de prime abord irréconciliable, ce dont la musique est une représentation allégorique.

Je conseille absolument de lire le texte de l'auteur à la fin du tome I, qui explique de manière simple ce qui fut le prélude de l'album, idées, dessins, musique... Un régal ! Sans compter les conseils d'écoute de musique.

In Odess. - Belz - Tumbalalaïka - Sheun Vi Di Levoneh ("attention, c'est une chanson qui rend amoureux", nous prévient-il !) -