Adaptation, texte français, mise en scène d'Olivier PY.

play_1429_thumbv_trilogie_eschyle_les_suppliantes_les_sept_contre_thebes_les_persesUn podium, comme pour un défilé de mode, et au bout, une télévision. Enfermé dans Thèbes, Etéocle (Frédéric Giroutru), le "bon fils" d'Oedipe attend la riposte de Polynice, le traître à sa patrice, il sillonne ce chemin étroit comme la courte piste de leurs incertitudes. Le Coryphée (Mireille Herbstmeyer) dit, crie sa peur de mourir, tandis qu'Etéocle tente de le faire taire ; les images alarmantes et aggravantes de la télévision disent assez quels terribles champions (Tydée, Capanée, Etéoklos, Hippomédon, Parthénopée, Amphiaraos...) ont pris fait et cause pour Polynice. Extrait du livre : "Face au déferlement des images faites pour terrifier, la parole conserve-t-elle encore quelque autorité ? Comment faire entendre raison quand l’épouvante déferle ?"

Etéocle refuse de s'y laisser prendre et organise sa riposte d'une façon catégorique qui apaise peu à peu coryphée... et public.

Puis soudain, voyant son frère au milieu des guerriers, il perd toute mesure et décide de l'affronter. Ainsi l'oracle sera confirmé. Ils mourront tous deux embrassés dans la bataille, comme c'était prédit par le père aveugle.

Je n'aime pas lire Eschyle. Je lui reproche d'être marmoréen, trop écrit, artificiel. Dans cette mise en scène, ce défaut est transformé en qualité ; Olivier Py a retenu ce qu'il y avait de dramatique dans le texte. On est alors porté par la beauté de la langue, la simplicité naturelle de la mise en scène et la conviction des deux acteurs, complètement habités par leur rôle. Une mention particulière pour la voix de Mireille Herbstmeyer, particulièrement troublante.

Il y aura d'autres représentations de la trilogie les 11- 12- 13 et 14 juin à Aix (Pavillon Noir, Centre social les Amandiers), à Palette, Venelles et Peyrolles.

"Amis du Théâtre populaire". Marseille-Provence 2013