cinema-belle-fin-avt-prem-L-G6XFKnPrimé à la Mostra de Venise et au Festival d'Edimburg.

John May (Eddie Marsan) est enquêteur modeste et laborieux pour sa municipalité britannique : il organise les funérailles de concitoyens retrouvés morts chez eux, et apparemement sans famille, ni amis, ni autres proches, après avoir tenté de contacter ces derniers, s'ils existent, à l'aide d'indices retrouvés dans leur appartement. C'est lui qui écrit les éloges funèbres de ces parfaits inconnus dont personne n'a rien à dire, à partir de photos, d'objets, de lettres, leur redonne une dernière fois corps et vie.


C'est un "petit film" avec de grandes prétentions : nous sommes invités à nous demander pourquoi certaines personnes meurent seules, si elles sont toutes si odieuses que cela, si les survivants sont les gens qui se ferment vite au passé au point de ne même plus prendre quelques heures pour accompagner un défunt ; et est-ce vraiment un devoir ? A côté de cela, une figure unique dans l'histoire du cinéma, John May, terne et lumineux tour à tour, incarné par un Eddie Marsan extraordinaire, que j'espère revoir bientôt. Cet homme solitude et fragile, plein d'espoir et de timidité, cherche-t-il, en tentant d'écarter la solitude de "ses" défunts au moins pendant leur dernier voyage, de conjurer, de réparer celle qui l'attend ? quête-t-il, à travers chaque coup de film aux "proches" hostiles des autres, de briser le mur qui entoure sa propre vie privée ?

Triste, lent, et belle fin.

Bande-annonce.