spectacle_15562Sur scène, un trompettiste (et guitariste) Félix Liperi, une harpiste, Lara Hakkari, et le conteur, guitariste à ses heures, Robin Recours.

Avec un grand sourire, une sérénité qui l'amène à dialoguer avec son public d'entrée de jeu, puis de temps en temps, comme à la veillée, le spectacle commence par un conte en arabe, puis en langue anglaise. Un peu surprise, je me rends compte que j'ai tout suivi de bout en bout.

Puis l'analyse se fait : gestes explicites, mots transparents, mots mondialisés, contes connus (les moins connus sont relatés en français, les plus connus sont parodiés et détournés). Puis retours humoristiques à des sketches déjà faits (oh, the big bad wolf, en anglais ET en allemand, égal à lui-même !...), la recette est ingénieuse et hilarante d'ailleurs elle nous est explicitement communiquée.

Le spectacle monte en puissance, Robin Recours nous défie maintenant de suivre en allemand ; je suis germaniste, je n'avais pas trop peur, mais mes voisins étaient dubitatifs !... essai transformé, l'allemand, c'est facile, voyons !


Avec des musiciens complices, amusés, émus, et beaucoup de générosité, Robin Recours nous a invités à ne plus avoir peur du barrage des langues et à nous remettre enfin de la tour de Babel. Il nous révèle à la fin que nous l'avons suivi à travers onze langues. Incroyable ! Et le spectacle a un deuxième volet : nous l'attendons. Quand, comme des enfants, nous répétons les tournures répétitives avec le conteur et nous jetons sur la moindre occasion de fredonner avec lui, c'est que le courant est passé !

J'ai vu ce spectacle au cinéma d'art et d'essai Les Lumières de Vitrolles, mais il est passé au Festival Off d'Avignon.