mon-roiTony (Emmanuelle Bercot), avocate, revoit Georgio (Vincent Cassel), un fêtard qu'elle a connu quand elle était étudiante. Il ne semble pas avoir changé de mode de vie, et pourtant, il se montre très vite touché, séduit, fougueux, merveilleusement attentionné. Il finit par lui déclarer assez vite son amour et même désirer un enfant avec elle. Dubitative mais enchantée à la fois par une cour qui la répare des blessures narcissiques de sa précédente relation, Tony se laisse convaincre par toutes ces promesses de bonheur.

Le problème, c'est qu'elle ne cessera plus de se laisser convaincre, y compris sur des sujets essentiels pour sa propre intégrité affective, morale, intellectuelle et se précipitera dans une série de cinglantes déceptions, de capitulations qui n'arrangeront rien puis dans une destruction physique. Son frère (Louis Garrel) tente de lui faire admettre qu'elle s'acharne à maintenir sous respiration artificielle une histoire morte, mais rien n'y fait.


 Un film haletant émotionnellement où j'ai reconnu des tranches de ma vie, des tranches de la vie d'autrui, des hommes ou des femmes déjà rencontrés ou dont on m'a parlé... d'ailleurs, une femme est sortie de la salle en sanglotant... La séduction est une nécessaire violence faite à autrui, d'après Apfeldorfer, et sa continuité, peu souhaitable, elle, s'appelle l'emprise. Le choix de Vincent Cassel est excellent : il a un charme fou, il est attendrissant et en même temps, tellement connoté par des rôles bizarres qu'on se retrouve en empathie à la fois avec Tony (comment dire non à un tel homme ? comment le quitter sans s'amputer de tous ses rêves ?) et avec les scénaristes (Maïwenn et Etienne Comar) qui en ont fait le "roi des connards".

Un choix très intéressant a été de montrer en parallèle la rééducation de Tony (grosse métaphore, un peu convenue, quand même) lors d'un accident de ski, où elle n'est vraiment pas gâtée par les éclairages et les prises de vue, et la fin du film où, apaisée, elle semble rajeunie, avec des traits pleins et lisses, face à un Georgio, boudeur devant son ancien jouet.

J'ai été très surprise de lire ou d'entendre dans des interviews que les deux personnages, Georgio et Tony, étaient censés être renvoyés dos à dos, être tous deux responsables de l'échec de leur passion et de leur couple. En réalité, le portrait est très à charge contre Georgio. Est-ce le résultat du montage, très loin du scenario de départ, à cause du goût de Maïwenn pour les improvisations des acteurs ? Le film fait de Tony une victime de son propre aveuglement sans doute, mais aussi de l'instabilité de l'homme qu'elle aime.

Extrait. - Bande-annonce.