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Relecture du 11 mai 2016

Clitandre a été éconduit par Armande qui, à l'instar de sa mère Philaminte et de sa tante Bélise, a décidé que la science était un sacerdoce qui méritait qu'elle y dédie sa vie. Quand la pièce commence, Armande découvre avec dépit qu'il a reporté ses feux sur sa soeur Henriette, bien plus intéressée par un mode de vie plus conventionnel, "mari, enfants, ménage", dans lequel elle sait pouvoir s'épanouir. Deux camps s'affrontent : les trois femmes savantes, auxquelles des pédants viendront donner la réplique, et les hommes de la famille qui veulent sauver le mariage d'Henriette et de Clitandre, assistés de la servante Martine et de son éloquence remplie de cuirs.


Cette pièce m'a toujours laissée perplexe ; évidemment qu'il n'est plus question aujourd'hui de dire à une femme qu'elle en sait bien assez quand elle sait lire et que, si elle est savante, elle sera bien inspirée de ne jamais paraître plus instruite que les hommes présents... ça n'est même pas du politiquement correct.

Mais même en replaçant ceci dans son contexte, il est étonnant que Molière, sous convert de s'en prendre aux pédants (qui le méritent bien) ait la maladresse de le faire par le biais d'une sous-catégorie qui avait déjà bien du mal à se faire respecter, les femmes désireuses d'être savantes. C'est probablement une pièce très courtisane (penser au passage où il est question des savants qui disent du mal du niveau intellectuel à la Cour...! tout ne s'explique-t-il pas ainsi ?) Et n'est-il pas plus facile de mettre les rieurs de son côté en exposant une Bélise érotomane - et inconnue - qu'un épigone de Vaugelas ?

Une réplique pourrait me rassurer, c'est quand on comprend que la véritable cible de Molière sont les pédants dans leur ensemble et qu'il estime, à raison selon moi, qu'il ne faut pas "chercher à être savant pour être savant". Obscurité, galimatias, idiotismes en tout genre ne peuvent que découler d'un tel désir... et vous éloigner des autres.

Pièce dans la mise en scène de Macha Makeïeff.