noustoussommesinnocentsEn Aquitaine, une famille de paysans se retrouve isolée après la Libération. Un part d'animosité envers des gens qui ont toujours refusé d'aider la Résistance, une part de jalousie car Martin, le père de famille, a investi le premier dans les tracteurs, et s'est enrichi. Mais très vite, les choses tournent mal. Claudine, l'aînée, est amère et agressive, Jean, le cadet, qui rêve d'être instituteur et d'épouser Odette, son amie d'enfance, ses rêves anéantis, Paule, la benjamine, ne semble pas avoir toute sa tête... La ferme périclite et nous assistons à la lente déliquescence d'une famille paysanne...


On croit au début du récit qu'on nous raconte une sorte de Soupe aux herbes. Jean désire être instituteur et on ne voit pas pourquoi il ne le serait pas ; sa famille n'est pas d'accord, la belle affaire ? Depuis quand peut-on arrêter une vocation ? Eh bien, on peut. Et c'est là qu'interloquée, je comprends que je n'ai pas encore lu ce genre d'histoires. J'ai assisté à la descente aux enfers d'une famille, mais surtout d'un homme innocent et de bonne volonté, que l'auteur, par le biais du psychiatre de Paule, rapproche des Atrides. C'est extrêmement lourd, mais bien dosé, et crédible. La narration adapte son style par un discours subtilement indirect libre, car le récit est souvent porté par les habitants du village.

Il n'y a guère qu'à la fin où j'ai trouvé la scène de (spoiler) très longue et fastidieuse, mais heureusement traduite dans un texte... qui relance les questions : si le récit est inspiré d'une histoire vraie... ce texte est-il authentique ? Je rencontrerai prochainement l'auteur et j'ai hâte de le lui demander !