LysiasCe texte est une mine à la fois pour comprendre le système judiciaire, appréhender la solidarité citoyenne athénienne et la psychologie humaine. L'Invalide, et nous n'en saurons pas plus sur son identité, tient boutique sur l'Agora. Elle est bien placée et semble d'un bon rapport. Comme il est handicapé, il touche une obole par jour, ce que la Loi de Solon concède dans son cas. Un jaloux, selon Lysias qui a rédigé ce discours que doit prononcer l'Invalide lors de l'audience devant l'Aréopage, s'avise de ce que cette obole est peut-être indûment touchée : on voit l'Invalide passer à cheval, sa boutique est bien achalandée, il se montre arrogant, tout comme les riches...

L'Invalide déjoue l'argumentaire : il monte à cheval (emprunté) parce que c'est moins fatigant que de se traîner sur les deux béquilles qui lui sont nécessaires, il n'a ni patrimoine personnel ni descendance pour l'aider, pas les moyens d'un esclave, ses chalands sont surtout composés de désoeuvrés qui entrent passer le temps, et l'obole devient critique à mesure que la jeunesse s'en va.

Les arguments se répètent vers la fin, mais peut-être pour déjouer un oubli du récitant ou une distraction des jurés ? C'est un discours intéressant, et qui fait prendre conscience qu'il existait à Athènes l'équivalent d'une Sécurité sociale : allocations, certes, mais aussi remboursement des frais médicaux, si l'on en croit d'autres sources !

Lu en bilingue.