dernier-vice-roiEn 1947, Lord Mountbatten (Hugh Bonneville, de la série Downton Abbey), auréolé de sa dernière mission en Birmanie, est envoyé en Inde pour finaliser l'indépendance de la colonie britannique, accompagné de sa femme Edwina et de sa fille Pamela.

Il rencontre Nehru, du parti du Congrès, tout comme Gandhi, et leur opposant de la Ligue musulmane, Jinnah. Les premiers prônent une Inde millénaire où toutes les communautés vivent côte à côté, dans la force de leurs différences additionnées et de leur territoire étendu ; Jinnah trouve intolérable les frictions qui peuvent exister entre lesdites communautés et estime que les musulmans d'Inde devraient avoir leur propre Etat, le Pakistan. Il est extrêmement ferme en son propos, ne cède aucun pouce de terrain, ce qui intrigue Lord Mountbatten. Ce dernier prendra parti pour la "partition" de l'Inde, malgré les mises en garde de Gandhi pour qui cette officialisation de séparation, qui flatte les haines communautaristes, ne pourra engendrer que la violence.


 Le film met en évidence, par un jeu d'images en aller et retour, que c'était vrai au moment même où il parlait. Pamela Mountbatten était consultante pour le film, la réalisatrice est la descendante d'une femme qui a vécu la tragédie de l'exode indien, la rouerie de Churchill est désormais connue, je connaissais l'histoire de la création du Pakistan, et je suis mal armée pour comprendre les critiques qui ont été faites au film, qui, paraît-il, ne rendrait pas bien compte de certains faits. Je crois vraisemblable que Mountbatten ait été manipulé par Churchill a son propre insu et je constate une fois de plus avec tristesse que, décidément, aucune décolonisation, aucun trait de plume sur une carte ne s'écrit qu'à l'encre : le sang coule à flots, et le film met en évidence à quel point c'était inutile.

Une histoire d'amour dans le film qui n'apporte rien de plus qu'un peu plus d'humanité. Le personnage d'Edwina, joué par Gillian Anderson qui lui ressemble étonnamment, brille par son humanisme, son autorité et sa dignité.