le-cidChimène et Rodrigue sont promis l'un à l'autre et s'aiment en ce début de deuxième millénaire. Leurs pères, Don Diègue et le Comte sont malheureusement devenus rivaux sur la fonction d'instruire le Dauphin, et c'est Don Diègue qui l'emporte ; ils se disputent, le Comte soufflète le vieil homme et le laisse désespéré de n'avoir su laver son honneur. Il court demander à Rodrigue de lui prêter son bras, arguant que son déshonneur rejaillit sur lui. Rodrigue hésite longuement, illustrant ce que nous appelons aujourd'hui le dilemme cornélien, puis se décide... entraînant à la suite de sa décision plusieurs personnages d'autres dilemmes...


Je me souvenais d'une très belle pièce et en avais oublié quelques détails d'intrigue. J'ai trouvé plus d'intérêt au personnage excessif du Comte, et me suis parfois demandé à quoi jouaient Chimène et Don Diègue, à mettre Rodrigue en danger alors qu'il revenait d'une opération militaire miraculeuse. Ce sont pour moi de loin les personnages les plus fanatiques, les moins souples... Heureusement, l'épée de Rodrigue vient encore une fois écarter toutes les objections, sans tuer le pauvre Don Sanche qu'en fin de pièce, je plaignais de tout mon coeur.

Je n'en reviens pas du nombre de notes de bas de page pointant les tournures qui auraient excité la désapprobation de l'Académie. Heureusement que la nôtre a d'autres chats à fouetter. La langue est belle, les amateurs de parallélismes de construction seront à leur article, et on observe, au-delà de l'histoire d'amour et d'honneur au centre de la pièce, le délicat maniement du pouvoir royal face à la noblesse, douze ans avant la Fronde.

Relecture.