flamme-castellaRésumé de l'éditeur : Un vieillard a connu une mort atroce, écorché par endroits comme si l'on avait voulu lui ôter l'épiderme. On l’a trouvé gisant dans la rue Edgar Poe. Quelques jours plus tard, Marie-Thérèse Darrieux vient signaler dans un commissariat la disparition de son fils, Alexandre. Ce dernier était vêtu de la même façon que la victime. Les deux hommes portaient une cicatrice semblable sur la joue et des tatouages rigoureusement identiques sur le bras gauche. L’autopsie viendra confirmer l’impensable : la victime était en réalité un jeune homme qui a vieilli subitement juste avant de mourir. Et ce vieillard n’était autre qu’Alexandre Darrieux. L'inspecteur Nuno Korrigan est chargé de l'enquête. Elle lui a été confiée par son supérieur et père adoptif, le commissaire Loisel. Entre-temps, une personne est arrivée dans cette Ville. Elle vient d’ailleurs. Elle vient de l’Autre côté. Elle a été projetée dans cette histoire et ce monde différent du nôtre juste après avoir ouvert un livre. Et cette personne, c’est vous.


 On entre dans un roman pluri-dimensionnel, tant dans le fond que dans la forme ; l'auteur fait montre de virtuosité, d'une érudition toute en légèreté et en accessibilité. Au moment où le béotien se perd, il se fait récupérer à la page suivante, clin d'oeil à l'appui. On voyage en deux, en trois dimensions, dans plusieurs romans à la fois ("roman policier fantastique", il fallait bien caser le texte quelque part, mais il est plus que ça, et plus "étrange" que "fantastique", selon les catégories de Todorov), on rencontre l'auteur lui-même, le narrateur, et les points de vue vous mitraillent. Oui, c'est littéraire, mais on ne donne pas dans l'haltérophilie : l'auteur souriant porte lui-même les poids, et vous laisse croire que c'est vous qui êtes très fort.

Le vrai challenge, c'était que je n'aime pas plus que cela les romans policiers et que je dé-tes-te Edgar Allan Poe, qui est le maître de David Castella. Eh bien, vous savez quoi ? Je vais, devant la grâce du disciple, reconsidérer l'oeuvre du maître, lui redonner une chance.

S'il fallait vraiment avouer un aspect moins aimé que les autres, je dirais que le roman amoureux ne m'a pas toujours convaincue : on est trop rapidement dans le drame, les personnages se meurent d'amour étouffé mais qui gueule beaucoup en aparté. Heureusement, la très belle scène finale (que je ne spoilera pas) est d'une poésie et d'une flamme toute pure, équilibrée. On part serein et réconcilié.

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