findepartHeureusement qu'au milieu de journées qu'il me faudrait à trente-six heures pour caser tout ce qu'il faut faire - et qui ne le sont pas, un nouvel impératif arrive, qui est celui de lire. Faute de pouvoir reprendre le sport à la faveur du dégagement de mes heures de cours au profit de la préparation à l'examen, c'est ce dernier qui m'impose de lire (ou de relire) les livres au programme de mes candidats d'oral.

Me voilà donc aux prises avec Fin de partie, que je croyais avoir lu... Que j'ai peut-être lu, mais dont je ne me souvenais pas et dont la présence lecture accomplie n'a rien éveillé en termes de réminiscence... Et ce n'est pas étonnant.

Quel pensum, mon Dieu ! Et comme je me promets bien de sonder mes candidats sur l'intérêt qu'ils ont ressenti à une telle lecture ! L'intérêt littéraire de l'oeuvre elle-même, je ne le discute pas : théâtre du XXème siècle, théâtre de l'absurde, thème de la dépendance, de la cruauté, de l'aporie... Ce sont des 1ère L, il faut bien qu'ils s'y frottent au moins une fois. Mais ils auraient pu le faire par le biais d'Ionesco, ou même d'En attendant Godot. Cela me permettra de voir si l'hypocrisie de mise un jour d'examen l'emporte sur l'exaspération de s'être copieusement ennuyé pendant cent pages.

La quatrième de couverture parle d'humour. OK, il y a deux ou trois répliques qui peuvent dérider le spectateur. Pour autant, cela n'en fera pas une comédie.


Sov, vieillissant et malade, et Hamm, poly-handicapé (recouvert d'un drap comme une sculpture), sont seuls sur scène, dans une pièce où se trouvent des fenêtres qui donnent, semble-t-il, sur un paysage de fin du monde. Ils manquent de tout - ou se laissent manquer de tout. Ils sont rescapés d'un changement - ou vivent comme si. Dans deux poubelles se trouvent les parents de Hamm, Hagg et Nell - probablement morts, comme l'indiquent deux répliques. Sov pourrait quitter Hamm mais ne semble pouvoir le faire, malgré le fait qu'il l'affirme sans cesse. Ils semblent jouer une partie, ou c'est le monde qu'il joue une partie avec ceux. Le titre de la pièce indique qu'elle touche à sa fin, mais de cela (attention, attention, spoiler dont tout le monde se contrefiche à ce stade), le spectateur n'aura pas la certitude.

Des mises en scène parviennent à mettre en évidence l'humour de la pièce, et même à l'expliquer.