Chance Salvage, une jeune femme des années 60, a ôté la particule de son nom et vit une sorte de bohème avec un artiste dont elle subit un jour un rapport sexuel forcé. Sa route croise le personnage de Nadja le jour où elle rencontre André Breton, alors qu'il est gravement malade. Ils ont une très brève liaison qui lui donne un goût d'absolu, comme tamponné d'éternité car le poète meurt peut après. Après quelques jours d'errance et de désespoir, Chance retourne au village du Quercy où elle a vécu cet amour...


 Voilà un livre qui, pendant les premières pages, m'a laissée dubitative. Je ne comprenais pas le personnage, pas non plus ses ressentis. Son exaltation devant les oracles, l'attitude libidineuse et la brutalité d'André Breton me paraissait peu crédible, contradictoire.

J'ai persisté, et bien m'en a pris : de partie en partie, des morceaux entiers de mystère se résolvent, jusqu'à l'origine du récit, qui ne nous est livré qu'à la fin. A ce moment-là, c'est l'habileté de la construction de ce récit étrange qui séduit, qui fait adhérer. On admet le parcours de Chance, dite La Salvaga, on veut bien même croire qu'il ne s'agit pas d'un roman et on sourit pendant que le narrateur lisse ses pas sur le sable des faits réels.

Il me reste à lire d'André Breton plus que son Manifeste du surréalisme... Nadja, par exemple, qui m'a toujours fait peur !