demain-autre-jourMe voilà très ennuyée pour commenter ce recueil de nouvelles : il m'a glissé comme l'eau sur les plumes d'un canard. Je sens que, pour en parler, pour que me revienne en mémoire le nouvenir d'un seul de ces textes (finis hier soir), il me faudra rouvrir le livre... Je m'y résous. Ma nouvelle préférée est sans doute "Ki No Tsurayaki" (mais je n'aurais pas retrouvé de mémoire le titre) car elle est un peu plus développer, j'ai eu le temps d'accrocher ma mémoire à une trame narrative à renversement. J'ai eu l'impression qu'il y avait des clins d'oeil culturels perceptibles par des sud-américains ("Elle" évoque-t-elle la fameuse Evita ?) mais ma squelettique culture hispanique ne pouvait m'être d'aucun secours pour les saisir.

Des êtres désespérés, à bout, avilis, racontés avec une sorte de sourire amer. La nature est souvent, par contraste, splendide.

Citations :

  • Le poète prétendait avoir visité un cimetière dans lequel il avait vu une jolie petite Japonaise accroupie qui agitait, inlassablement, un grand éventail sur la terre d'une tombe. Poussé par la curiosité, mère du savoir et de la poésie, Ki no s'était approché de la jeune fille et, après avoir fait les trois révérences d'usage, s'était risqué à l'interroger. Aussi bien sans avoir eu besoin de recourir aux mots, avec uniquement l'air interrogateur de son visage. La fillette - toutes les jolies femmes traversent les années comme d'éternelles adolescentes - mit un terme au va-et-vient de son poignet, leva les yeux tout en arborant un sourire nippon hésitant et figé. Puis elle dit avec tristesse : "Mon mari m'a fait jurer, sur son lit de mort, de lui rester fidèle tant que la terre de sa tombe serait humide. Et l'automne a été si pluvieux !"