frappe-toi-le-coeur-nothombLa mère de Diane croyait qu'elle avait une longue vie de réussites (si possible aux dépens de quelqu'un) en s'emparant du coeur du garçon le plus convoité de la ville. Son premier fruit en fut un enfant, qu'elle vécut comme sa fin et auquel elle ne sut pas témoigner d'amour : trop joli, trop vecteur d'attention, une rivale, ce bébé. C'est ainsi qu'on fait des enfants sages, compréhensifs, capables de siroter des années un grain d'attention, de chaleur, et de supposé amour, trop heureux de ce grain-là... Mais un jour, Diane ne put plus trouver d'excuses à sa mère et partit habiter chez ses grands-parents, grandissant en beauté, en intelligence... en frustration.


L'arrivée de ce bookring était imprévue. Je l'ai fait passer avant toutes mes nombreuses lectures plus "lourdes", prévoyant qu'il serait de ces romans faciles à "tordre". Effectivement, sitôt commencé, sitôt lu. Pour autant, même si certaines choses sont convenues, d'autres peu vraisemblables, ce n'est pas pour autant un roman facile, banal ou maladroit. Pour la question de la vraisemblance, c'est tout l'univers nothombien qui a ce côté création complète de l'auteur, antibalzacien au possible, on est bien dans un conte où, élevée par une marâtre, il est possible qu'une jeune fille puisse grandir en devenant une perfection physique, intellectuelle et, encore plus rare, morale, bien que Nothomb lui ait collé la névrose nécessaire à un récit intéressant... et logique. On l'accepte ou non. Moi, non seulement j'accepte, mais j'aime bien. D'ailleurs (alerte spoiler), Nothomb lui ménage quelques relations de substitution.

En plus, j'ai retrouvé des thèmes qui m'avaient plu dans Les Catilinaires, Antéchrista, Mercure, L'Hygiène de l'assassin, Pétronille, etc. celui du monstre apparié à un ectoplasme, le duo, la tentation de fusionner...

On m'avait dit du bien de ce dernier roman et, effectivement, grâce à lui, je retire le sempiternel bémol que je mets à mes critiques élogieuses cet auteur à succès, celui de ne pas savoir ou d'avoir du mal à conclure ses romans. Là, c'est impeccable.