410QGUOcXzLLe roman suit les aventures, narrées à la troisième personne, de Smita, une "intouchable" indienne et sa fille Lalita, qui doit avoir un autre destin, de Giulia, une Sicilienne découvrant les responsabilités d'une petite entreprise autant que l'amour, et de Sarah, une brillante avocate canadienne qui garde tout ce qui pourrait la desservir, dans la concurrence qui règne à son cabinet, complètement secret. On se dit que ces entrelas d'histoires suffisent à expliquer le titre ?... Attendez la fin, vous serez quand même épatés par l'astuce narrative...

C'est un livre rempli de belles choses, de belles gens dont le souvenir marque plus que celui des méchantes, ces femmes sont abattues parfois, mais combattent et décident d'aimer la vie... laquelle le leur rend bien. On est à la limite du feel-good book, et une fois saluée l'esthétique, surtout côté indien et un peu italien, le lexicon-dropping auquel je trouve, en grande curieuse, toujours du charme, je pourrais grincer des dents.

C'est vraiment bourré de clichés, je vous assure. Des collègues recommandent la lecture de ce roman (ultra facile, j'en conviens) qui leur paraît édifiant (je ne cours pas après les bons sentiments, ayant la prétention de leur réserver de la bonne littérature), mais je ne suis pas trop d'accord. Certains jeunes dont l'éducation consiste à stigmatiser les catégories humaines, ont assez tendance à attribuer aux juifs fortune et réussite sociale, et ce n'est pas le cabinet de Sarah Cohen, rempli d'authentiques salopards sans foi ni loi (on a évité la banque de justesse !) qui va calmer leurs fantasmes.

Plus agaçant, j'ai non seulement des impressions de déjà-lu, mais même de déjà-vu ; pour certains passages, je pourrais presque retrouver l'épisode de la série télévisée où une remarque analogue est faite. La question de la consécration de la chevelure à Vishnou mise à part, le voyage n'a pas vraiment eu lieu en des terres inconnues, dommage.