2180797Alexandre Guérin (Melvil Poupaud, je suis définitivement fan) est un père de famille lyonnais à la nombreuse progéniture. Sa famille est très engagée dans la foi catholique, mais apprendre que le père Preynat (Bernard Verley) revient au diocèse et reste entouré d'enfants dans sa pratique le fait frémir. Avec le soutien de sa femme (Aurélia Petit), il va demander au cardinal Barbarin (François Marthouret) de faire quelque chose. Au bout d'un moment, la certitude d'être promené, tranquillisé à bon compte, et finalement pris pour un imbécile le met hors de lui et il dépose une plainte. Elle a peu de chances d'aboutir, car il est "prescrit", mais c'est en attendant de trouver des victimes plus jeunes, car un homme, un prêtre catholique, qui ne songe pas, dans une entrevue, à demander pardon, ne saurait s'être repenti de ses agressions sexuelles. Et on en trouve : François (Denis Ménochet), Emmanuel (Swann Arlaud) sont plus jeunes et non prescrits. Ils vont fonder "Parole libérée" et témoigner...


Un film saisissant, parfois très long, mais qui fait du bien : à travers la parole libérée de ces hommes, fût-ce à la désapprobation de tous, on se sent libéré également. Il paraît fou que l'on croie sauver le catholicisme en niant ses exactions, mais il est dément d'avoir cru le préserver en permettant les exactions, car c'est finalement ça qui a eu lieu ! D'ailleurs, le lapsus historique du cardinal Barbarin -  "Les faits sont prescrits grâce à Dieu" - ont été compris comme il le fallait. Tant pis pour la justice des hommes, tant pis pour la justice tout court, cachons les miettes sous le tapis et disons que tout est propre ; "Dieu" n'est plus ici qu'une figure de rhétorique, un cliché, son nom est vraiment invoqué en vain.

Comme le dit Ozon, ce film est là pour ouvrir le débat, et il le fait très bien.

Bande-annonce.