porteur-histoireVoilà une petite pièce en édition scolaire qui ne me disait trop rien. Et voilà qu'en préparant mes cours et en "séchant" sur les lectures cursives à donner, j'aperçois sur la couverture : "Nouveau Bac 2nde - 1ère". Allez, on ne va pas refuser une petite aide (ni quelques heures de lecture dont on dira crânement : "J'ai bossé toute la journée").

Et me voilà plongée dans une comédie très improbable, dont je me suis demandé immédiatement (réflexe pavlovien issu des anciens programmes) comme diable ça pouvait être mis en scène : les décors changent parfois au bout de quelques minutes et ils sont... innombrables ! Voilà déjà inscrit sur mes tablettes d'aller voir / acheter la captation de ladite mise en scène d'urgence. Martin Martin, dans une situation personnelle très délicate, part dans les Ardennes en 1988, où son père s'était retiré et vivait de lectures. Le cimetière est plein ; qu'importe, on va essayer de trouver une place... dans le caveau d'une famille qui ne s'occupe plus de sa concession...

Amusante, touchante, inquiétante, l'action est une chasse au trésor d'une fantaisie croissante et remonte le temps et les espaces à une telle vitesse, au gré de la fantaisie de l'auteur et des pistes du porteur d'Histoire, que le rire devient presque nerveux tant les limites reculent ! Bref, une très agréable et intéressante découverte qui devrait piquer la curiosité des plus jeunes et inciter les moins jeunes à revoir leurs classiques : chaque fin de scène est bâtie selon la règle du feuilleton éditée par Alexandre Dumas (personnage de la pièce)... Rendre irrésistible le besoin d'acheter le journal le lendemain pour lire la suite... On a donc du mal à s'arrêter de lire !

Citations :

  • POLIGNAC, cherchant. - Général Dumas... Ah oui. Votre père était un nègre, il me semble ?
    ALEXANDRE. - Mon père était un mulâtre, mon grand-père était un nègre, mon arrière-grand-père était un singe. Vous voyez, ma famille commence là où la vôtre finit.
  • LE PÈRE, tendrement. - (...) Avec la sédentarisation, l'homme a commencé à cogiter, et il a fini par faire le lien entre l'accouplement et la naissance d'un enfant. Il a alors cessé de considérer la femme comme une divinité, puisque c'était lui, et lui seul, qui la fécondait. Il a pris peur. Il a enfermé sa femme, et s'est mis à célébrer le phallus plutôt que la déesse-mère.
    HENRI. - Oui, je connais cette théorie.
    LE PÈRE. - Bien. Nous sommes donc passé d'un système matriarcal à une société patriarcale.

Bande-annonce.