indexLe bout de la route : 20 août 2019

Cacophonie énorme dans les premières répliques. Certes, Giono allait peu à Paris, mais il est évident qu'il connaissait son théâtre contemporain et on pense très fort à la poésie des répliques du théâtre de Giraudoux en lisant les échanges artificiels mis dans la bouche de villageois d'un hameau si perdu qu'il pourrait s'appeler Dogville, aussi artificiels que des bucoliques, dans un autre style ; mais les comparaisons s'arrêtent là. Le mystère est grand sur l'avenir de Jean. La fin est frappante, impressionnante, éclaire tout, y compris le titre.

Lanceurs de graines : 22 août 2019

Encore plus nébuleux, dichotomie artificielle entre la masculinité, l'agriculture, la virilité, la fertilité, très ennuyeux et soporifique.

La Femme du boulanger : 25 août 2019

Je n'avais vu que l'oeuvre de Pagnol, qui utilise la gouaille tendre de Raimu, le sex-appeal pris à contre-pied de Ginette Leclerc au service un récit timidement littéraire pour ne pas effrayer son public venu voir une scène de vie provinciale, avec des personnages qui pourront nous toucher sans nous donner l'impression de nous être supérieurs. L'Académicien a toujours marché (avec quelle adresse) sur des oeufs : concéder sans brader. Il partait d'une pièce ambitieuse, aux personnages dignes d'une tragédie grecque, tous plus ou moins choeur, choryphée et devins, mais avec quelques passages souriants : il a ôté son côté onirique, hiératique parfois et il a légèrement humanisé les affects, accentuant la farce d'un village qui cesse de rire du cocu quand il comprend qu'il va mourir de faim, le chantage du Boulanger est très subtil, et son ébriété donne lieu à ce fameux langage d'oracle, symbolique, onirique (fumeux ?) qu'on retrouve dans les trois pièces. La galerie de personnages est très intéressante.

Extrait du film de Pagnol : https://www.telerama.fr/cinema/films/la-femme-du-boulanger,14010.php

 Esquisse d'une mort d'Hélène

Très courte pièce dont les didascalies poétiques et injouables étaient faites pour un récit. C'est l'économie des péripéties artificielles qui a sans doute obligé Giono au genre dramatique. En dehors de cela, la tension entre la peur de la captive de Troie et la mission de la veilleuse mortuaire avait quelque chose de très intéressant.