5451239Attirée par la bande-annonce, et aussi, je l'avoue par le parfum de scandale entourant le nom de Zahia Dehar et l'envie de découvrir si elle était bonne actrice (son rêve à l'origine), je suis allée voir ce film. Effectivement, les costumiers et maquilleurs ont énormément travaillé sur une ressemblance entre Claudia Cardinale et Brigitte Bardot, des motifs rappelant les robes vichy (et une diction traînante et modulée a fait le reste), mais en accentuant également, avec un fond de teint trop foncé, le côté artificiel du personnage. Il est souligné verbalement aussi au cours d'une rencontre (Clotilde Courau), où il lui est demandé comment elle peut être si jeune et déjà si refaite. Son personnage, Sofia, languide, ne se fâche guère, assume les piques comme les insultes, elle est bonne vivante, accessible (surtout aux riches dragueurs), se détache tout aussi facilement (en tout cas, en apparence). Elle n'est pas le personnage principal, Naïma, assumé par la fraîche Mina Farid, mais son personnage est beaucoup plus complexe qu'il n'y paraît et beaucoup de mystères (de quoi vit-elle habituellement ? pourquoi part-elle si vite après la "rupture" ?...) l'entourent.

Le personnage principal est moins mystérieux et raconte l'éducation sociale plus que sentimentale d'une jeune fille tentée par la vie hédoniste de sa cousine, l'impression de facilité (le titre est sacrément bien choisi et très polysémique) dans lequel elle fait tout. Le personnage de Benoît Magimel, Philippe, en chevalier déguisé en serviteur, qui décode et nomme précisément les choses, est salvateur, évite au film du manichéisme, et je l'ai beaucoup aimé.

Bande-annonce.