indexOn peut qualifier de roman épistolaire ce roman qui tourne autour de courriels échangés par des adultes européens, majoritairement universitaires, qui se proposent de chercher l'Histoire et, pour ainsi dire, la genèse du plaisir féminin. On a aussi, au milieu, le document de présentation produit afin de demander un financement des travaux, qui ne sera pas obtenu. C'est très calé (il y a des moments où la cuisterie sonnait un peu creux, où j'avais l'impression qu'on se payait ma tête à bon compte), intéressant, surtout au début et j'avoue que j'attendais beaucoup plus, sur le plan anthropologique et physiologique, que ce que j'ai trouvé finalement. L'enjeu du roman portait sur la façon dans les participants à cette réflexion finissent par se prendre eux-mêmes pour objets et ce qu'ils découvrent sur eux-mêmes.

Cela ne va hélas pas assez loin à mon goût.

Citations :

  • J'ai été marié à trois reprises et chaque fois cela avait commencé par des lettres d'amour. Quand on correspond suffisamment longtemps, les épistoliers finissent  par se retrouver au lit, c'est pratiquement une loi de la nature.
  • Une femme qualifiée pour enseigner à l'université et ayant franchi la cinquantaine qui se regarde dans le miroir après deux heures du matin a une certaine tendance au nihilisme.
  • Croissance et démence riment ensemble depuis toujours, n'est-ce pas ? La démence, c'est ce qui veut croître en permanence.
  • Silbe cite Plessner : "On ne peut rien attendre des voûtes trop élevées, sinon qu'elles s'effondrent."
  • Nous ne pouvons pas éviter d'être entourés de co-intelligences ambivalentes, dont on ne sait pas clairement si elles seront amicales ou hostiles. Au moins devrions-nous les désigner correctement. (...)  Que pensez-vous de "télénoïa" ? Comment devrait-on décrire autrement notre existence dans le voir et être vu ? Nous sommes arrivés au stade vidéo-pathologique. Au secours !