Ad astraRoy MacBride (Brad Pitt) est le fils d'une légende de la conquête spatiale (Tommy Lee Jones). Quand il était petit, son père a promis qu'il reviendrait le chercher pour le faire travailler à ses missions, mais il n'est en réalité jamais revenu, ce qui fait qu'il adhère à la théorie selon laquelle son père serait mort au cours de la mission Lima. Bourreau de travail, obnubilé par ses missions au point d'en négliger son épouse, qui l'a quitté, Roy est mandaté pour envoyer un message à son père, au cas où ce dernier serait vivant, car on soupçonne les surtensions électriques sur terre de provenir de Neptune où MacBride père captait les vies extraterrestres. Roy s'y livre et, soupçonnant qu'une réponse a été donnée et qu'on essaie de l'évincer, il s'impose dans le vaisseau en direction de Neptune...


En revenant de la séance, j'ai voulu lire un ou deux synopsis... Je n'y ai pas reconnu le film que j'ai vu. Roy y est par exemple qualifié d'"autiste"... Ah bon ? monomaniaque, oui, mais capable d'introspection et de communication avec son père quand il le retrouve, et désireux de développer cela davantage avec d'autres ensuite. Son père subordonnait tout à une transcendance qui pouvait être la découverte d'une vie intelligente extraterrestre, Roy subordonnait tout à la transcendance du modèle paternel... Les deux vont être mis face à leur étoile, ad astra per aspera...

Même si la fin a été modifiée à la demande des producteurs (grrr), on est loin du synopsis bêtasson que je suis bien contente de ne pas avoir lu avant  ("Lors de son voyage, il sera confronté à des révélations mettant en cause la nature même de l'existence humaine, et notre place dans l'univers"), car c'est complètement faux, on ne boxe pas dans 2001, l'Odyssée de l'espace ! Je meurs d'envie de spoiler mais je me retiendrai.

L'ambiance est étrange, à la fois extrêmement sombre et luisante, illuminée de taches froides. Penser qu'une femme vive depuis toujours dans les sous-sols de Mars (oui, c'est bien de la science-fiction lointaine) et n'ait respiré l'air libre de la Terre qu'une fois est terrifiant ! La solitude très laide et sordide d'un voyage de 72 jours de tous les dangers d'un espace où aucun dépanneur ne peut venir vous chercher m'est tombé dessus. Pas autiste, Roy, non, il fait figure d'étrangeté à cause de son immense équilibre et de sa concentration, de sa lucidité et de sa force, de sa capacité d'anticipation et d'ouverture.

Bande-annonce.