insulteVu dans le cadre du Festival du Polar des Lumières, en présence du réalisateur.

Tony Hanna (Adel Karam), un Libanais chrétien vit à Beyrouth avec son épouse Shirine (Rita Hayek). On comprend que Tony a dû quitter en 1976 la ville de Damour, massacrée par des milices palestiniennes en réaction à d'autres exactions, et qu'il lui en est resté une terreur à l'idée d'y retourner et un sentiment patriotique anti-palestinien haineux. C'est à ce moment-là qu'un ingénieur en bâtiment palestinien, Yasser (Kamel El Basha, primé pour son rôle à la Mostra de Venise) décide de mettre aux normes la gouttière de la terrasse de Tony, car ce dernier avait fait exprès d'arroser sa terrasse à son passage et le tuyau tourné vers la rue avait copieusement arrosé l'ingénieur. Tony constate la "réparation" (faite sans l'en prévenir), détruit le tuyau posé et Yasser insulte (sobrement) Tony. On veut obliger Yasser à s'excuser... pendant son temps d'hésitation, Tony profère une imprécation épouvantable à l'égard des Palestiniens, Yasser frappe Tony. On n'échappera pas au procès... ni à l'incendie de l'opinion, attisée par les tensions entre les communautés du Liban.

Comme Ziad Doueiri nous l'a expliqué, le film s'inspire partiellement du film "Le Verdict" de Sydnet Lumet (1982), avec l'avocat père et l'avocate fille ; il s'inspire également d'un événement vécu personnellement et qu'il exorcise à travers son long métrage ; sa mère, avocate, militante pro-palestinienne, l'a également guidé dans la jungle des lois de son pays. C'est très tendu, on ne s'ennuie pas une minute.

Bande-annonce.