Au Fil des images

Ceci est mon journal des films vus de préférence au cinéma, mais aussi à la télévision ou en DVD, VHS ou autres supports. Je tâcherai au fil du temps de mettre également à jour la liste des films que j'ai vus dans le passé, avec des omissions.

12 mars 2008

"Elephant", de Gus VAN SANT (2003)

Film déjà vu sur DVD en octobre 2007.elephant

L'HISTOIRE


Littleton, 1999. Deux jeunes gens du Lycée de Columbine, un peu à part, passionnés d'armes, de jeux vidéos ("Gerry"), l'un d'eux joue du piano, l'autre lit (il ne sera pas question de bowling dans ce film !), fascinés par les thèses néo-nazies, décident de faire exploser une bombe et d'abattre les élèves qui croiseront leur chemin et qui ont guidé le nôtre pendant une heure de film.

MON AVIS


Gus Van Sant a bâti un film étonnant : le massacre à proprement parler n'emploie que les 14 dernières minutes du film. Mais l'heure qui le précède nous familiarise avec les protagonistes, surtout des adolescents, flirtant déjà avec la mort (boulimie, conduite automobile à risque, un père alcoolique sur lequel on ne peut compter, etc.), sur lesquels la menace elephant2pèse, de plus en plus fort, au son d'une Sonate au clair de lune qui résonne comme une marche funèbre. On visite le lycée derrière chacun des élèves, derrière ses épaules, en caméra subjective ; ils gardent leur part de mystère et, bien que soignement individualisés, on se prend à penser que les meurtriers auraient pu être d'autres élèves aussi bien qu'eux : Michelle aussi est une souffre-douleur, John est malheureux et ne peut avoir confiance dans les adultes, l'alliance gay-homo nous rappelle que la société adolescente a elle aussi ses exclus... Quels ingrédients composent un meurtrier ?
Il me semble que la réponse que Gus Van Sant ne donne pas (et cela lui a été reproché) se murmure en épanalepse au début et à la fin du film ; John demande à son père : "Et toi, tu y étais ?" puis pour conclure "Où étais-tu ?"
Où étaient les parents des meurtriers pendant les deux années où ce massacre s'est préparé ? Ils sont réduits à deux répliques peu amènes, indifférentes et une silhouette qui disparaît dans une autre pièce.


Elephant - Trailer
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Gus Van Sant : Entretien A propos d' Elephant
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01 février 2008

"L'Armée des ombres" de Jean-Pierre MELVILLE (1969)

J'ai vu ce film dans des circonstances un peu particulières, avec la chance du grand écran, bien que ce soit des années après la sortie de ce film. armeedesombres

J'étais prévenue de beaucoup de choses, sans avoir pu prévoir que ce qui m'avait paru une gêne allait contribuer à m'éblouir.

Beaucoup d'aspects de la vie des personnages et leur passage d'une mission à l'autre restent mystérieux. Sur l'image d'à côté, le personnage principal, Gerbier, cynique, dur, selon ses propres mots "animal" est en recherche constante d'un système, d'une logique.

Dans cette armée, chaque soldat est comme "dévitalisé" (l'image en gris bleuté leur donne un air artificiel, fantômatique), interchangeable : rien de leur vie réelle, antérieure, ne doit dépasser, pour leur propre sécurité et celle de leurs proches.

J'ai pleuré à chaudes larmes sur le traître Dounat (mais le Masque ne valait pas mieux que moi), et au fil des anecdotes dignes d'un James Bond sans bimbos (l'évasion de Gerbier, Gerbier et le sous-marin, Gerbier parachutiste, Gerbier commando, Gerbier l'ermite...), j'ai fini par m'attacher à un héros humain de sa recherche du complet détachement cérébral.

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12 décembre 2007

"La Vie sur Terre", d'Abderrahmane SISSAKO (1998)

SYNOPSIS
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A la veille de l'an 2000, Abderrahmane Sissako, cinéaste mauritanien vivant en France, décide de revenir à Sokolo, un petit village viesurterredu Mali, retrouver son père : "Cher père... contrairement au message que je t'ai fait parvenir, un changement important fait que je serai bientôt avec toi à Sokolo : le désir de filmer Sokolo, la vie, la vie sur terre, le désir aussi de partir...".
Arrivé au village, il se met à errer dans les ruelles, sur les places, au bureau de poste, dans les champs. C'est alors qu'il croise Nana, une jeune fille, elle aussi de passage. Quelque chose d'impalpable et de ludique se noue entre eux tandis que dans le village, la vie continue.

MON AVIS


Un film étrangement immobile, récit d'une Afrique qui ne change pas, ou si lentement, oubliée du progrès qu'apporte le temps au reste du monde (les scènes incroyables des villageois avec l'unique téléphonique, leur admirable patience résignée !), écrasée par le soleil et la pauvreté. D'une grande beauté souriante puis triste, comme la belle Nana qui passe et repasse avant de repartir. Je l'ai peut-être trouvé, si je puis me permettre, un petit quart d'heure trop long, sans quoi je l'aurais trouvé plus percutant et pour ainsi dire parfait !

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26 janvier 2007

"Iphigénie", de Michael Cacoyannis (1977)

Les Grecs s'apprêtent à partir, sous la conduite du roi Agamemnon, venger l'affront fait à Ménélas par Pâris qui iphig_niea enlevé sa femme Hélène. Les vents ne sont pas de la partie, la flotte reste immobile, et le devin Calchas affirme qu'Artémis veut le sacrifice d'Iphigénie, la fille d'Agamemnon, pour laver la faute de ce roi et lui permettre de partir vers Troie... La malédiction des Atrides pour cette génération continue.

Sur un canevas antique d'Euripide, repris par Racine en France, par Goethe en Allemagne, par exemple, Michael Cacoyannis a fait un film magnifique, lumineux, pas trop péplos. L'aspect androgyne et enfantin de la petite Iphigénie, incarnée par Tatiana Papamoschou, surprend tout d'abord, puis au fil du film et de la construction de ce personnage, j'en suis venue à voir ce choix comme le seul possible. Le film a étonnamment peu vieilli.

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15 décembre 2001

"Bandits, bandits", de Terry GILLIAN (1982-2001)

L'HISTOIRE


Pendant la nuit, Kevin, un petit garçon anglais, est visité par six nains qui ont dérobé à l'Être suprême la carte du Temps. L'enfant s'engage alors dans un voyage à travers l'Histoire : il fait la rencontre de Napoléon à la bataille de Castiglione ainsi que de Robin des Bois dans la forêt de Sherwood. Il croisera également sur son chemin le majestueux paquebot "Titanic". (résumé d'allociné.com)

MON AVIS


Une très belle histoire, aux images magnifiques, avec des aventures à la fois symboliques et psychanalytiques. La rencontre avec Agamemnon offre à l'enfant une image paternelle et masculine tout à fait solaires, et le procès de parents mesquins et indignes culmine à la fin.

Galerie complète sur AlloCiné

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03 février 1998

"Ballroom Dancing", de Baz LUHRMANN (1992) VOST

L'HISTOIRE


ballroomdancing

Scott Hastings, un champion de danse de salon, n'a pas pu s'empêcher d'improviser de nouveaux pas lors d'une compétition. La coupe est pleine pour sa partenaire qui aimerait enfin gagner une compétition et qui l'abandonne, tandis que la réprobation générale s'abat sur le jeune homme. Scott aimerait pourtant continuer à faire comprendre à la Fédération qu'elle doit s'ouvrir à l'innovation, mais la seule volontaire pour le suivre dans sa démonstration est Fran, une débutante qui ne brille ni par son talent, ni par sa beauté... La famille de cette dernière va pourtant constituer un atout.

MON AVIS


Un grand classique du film de danse, Dirty Dancing, sans le malaise, Footloose, plus formel, avec la transformation de la jeune crapaude (Tara Morice) en belle princesse au fil de ses progrès en danse, avec des morceaux de bravoure que le spectateur aimerait pouvoir exécuter lui-même ! Ici, l'originalité réside dans l'intervention du paso doble gitan, une sorte de plaidoyer pour l'authenticité, dans un film qui brocarde par ailleurs les côtés artificiels et ridicules des concours de danse de salon, avec les sourires extatiques figés, les maquillages kitsch, les tenues si grotesques qu'on a peine à croire qu'elles se veulent sexy ! Je le recommande aux amateurs du genre.


Ballroom Dancing music video
envoyé par swan974

Posté par DonaSwann à 14:30 - Ciné-Club & Rétrospectives sur grand écran - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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