Au Fil des images

Ceci est mon journal des films vus de préférence au cinéma, mais aussi à la télévision ou en DVD, VHS ou autres supports. Je tâcherai au fil du temps de mettre également à jour la liste des films que j'ai vus dans le passé, avec des omissions.

19 avril 2009

"Le Talentueux Mr Ripley", d'Anthony Minghella (2000)

L'HISTOIREripley


Thomas (Matt Damon), un jeune accordeur de pianos faussaire, sans vraie personnalité (autant dire qu'il a un trouble de la personnalité), très nettement parasite, débarque dans la vie de Marge Sherwood (Gwyneth Paltrow) et surtout de Dickie Greenleaf (Jude Law), le fils d'un riche armateur. En effet, ce dernier, prenant Thomas pour un élève de l'Université de Princeton où se trouvait Dickie, le charge de ramener aux Etats-Unis son supposé condisciple qui se prélasse actuellement à ses frais en Italie.
Dickie s'entiche du nouveau venu, comme il le fait de tout le monde, sans paraître s'apercevoir de ce qu'il pouvait y avoir d'attirance homosexuelle dans l'amitié proposée par Thomas, avant de s'en lasser, et l'accuser à juste titre de profiter de la situation et de l'argent Greenleaf et de lui dévoiler qu'il connaissait son imposture. Or Thomas considérait que lune de miel (même chaste) et dolce vita devaient durer toujours...

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On assiste au tissage d'une toile d'araignée autour d'un homme par Matt Damon, à la fois démoniaque et touchant dans le rôle, sous les couleurs invariablement chaudes qu'imagine le cinéaste américain de l'Italie du bord de mer dans les années 50.
Jude Law, en jeune marbre cruel et séduisant, est parfait, Gwyneth Paltrow est bouleversante également.
La fin du film est glaçante et j'ai dû revoir une deuxième fois le film dans la foulée, profitant que le câble le rediffuse.

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05 avril 2009

"Slumdog Millionaire", de Danny Boyle (2009)

L'HISTOIREslumdog


Jamal Malik surprend tout le monde : comment un jeune Indien à peine sorti de son slum, sans avoir fait d'études, peut-il être monté au plus haut niveau du célèbre jeu télévision "Qui veut gagner des millions ?" s'il n'a pas triché ?...

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Il faut accepter de passer par dessus quelques scènes assez dures pour atteindre un film d'un grand romantisme, où la roue du karma tourne. Bien souvent, l'émotion, rire, larmes, indignation, étonnement, m'a prise.
Très sympa, le clin d'oeil final à Bollywood, à l'opposé complet du film. Les acteurs principaux sont très touchants et vrais. A voir absolument, et en VO(ST).

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01 avril 2009

"La Vague", de Dennis Gansel (2009)

L'HISTOIRElavague1


Rainer Wengler, sympathisant anarchiste, est professeur d'EPS et de politique (sacrée bivalence !) dans un Lycée allemand. Pour la semaine thématique, il aurait évidemment aimé traiter de son domaine de prédilection, mais se retrouve par défaut à exposer le principe de l'autocratie devant un public très vite rétif quand on aborde, une énième fois pour lui, la question du IIIème Reich : "Ca va, on a compris (...), on ne refera plus ça, c'est sûr." Le professeur, piqué par leur arrogance, leur propose une expérience comme un défi pendant la semaine : ils vont former un groupe avec des codes tranchés, une discipline plus marquée que leurs camarades, un code vestimentaire, gestuel, un emblème, un salut, un profil Facebook, un site.
Le problème, c'est que ça marche très vite, trop vite pour que Rainer puisse contrôler ce que ses ouailles font de cette expérience...

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Un film passionnant qui développe sans manichéisme aucun, c'est là la vraie nouveauté, l'histoire rebattue des mécanismes de montée des autocraties et leurs conséquences, souvent mal anticipées par leurs propres dirigeants (c'est le cas du fascisme mussolinien). Les Lycéens découvrent, ravis, inquiets, exaltés ou dégoûtés, ce qu'est l'instauration d'un grand mouvement collectif, qui jette des ponts entre eux, crée une solidarité, des amitiés, une "allure" pour ces êtres qui se cherchent (ce qui explique sa séduction), mais révèle aussi des clivages, des antagonismes, des frustrations, de la haine...
Là où je tire mon chapeau au scénariste, c'est qu'il se détourne résolument de l'angélisme : sur les quatre personnages que j'ai recensés comme hostiles à La Vague (en paroles ou actions), une seule n'a qu'une opposition purement idéologique... Les trois autres ont aussi des motifs, plus troubles, pas vraiment à leur honneur, et La Vague les a dépossédés, ce qui fait qu'elle est devenue, certes une ennemie idéologique, mais surtout un ennemi personnel.
lavague2Le film explore les failles psychologiques par lesquelles s'infiltrent les racines d'une fanatisation : la solitude, le sentiment d'être exclu, les complexes d'infériorité, la persécution et la recherche d'une protection, voire le désespoir...
Je comprends mal (et les critiques du web que j'ai pu lire ici ou là ont le même avis que moi) la faible couverture médiatique de ce film : il avait tout pour être plébiscité par les jeunes or j'ai bien peur que son public-cible l'ait très peu vu.

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29 mars 2009

"L'amour extra-large", de Bobby et Peter Farrelly (2002)

L'HISTOIREextralarge


Un homme est obsédé par l'apparence extérieure des femmes qu'il croise et courtise (sans se préoccuper, d'ailleurs, de la sienne, soit dit tout de go). Un homme l'hypnotise : il verra les femmes belles si et seulement si elles sont également bonnes à l'intérieur. Le voilà alors qui, à la stupéfaction générale, se met à faire des ronds de jambes à des filles non seulement quelconques, mais parfois repoussantes. Il se met alors à s'étonner de l'intelligence et de l'humour de ses conquêtes...

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Amoureux du politiquement correct et du manichéisme, foncez !
Il va de soi que les femmes laides sont belles à l'intérieur et que les bombes ne présentent aucun intérêt humain. Bien entendu, l'individu médiocre qu'est le héros tombe toutes les mochetés, trop heureuses qu'on les courtise (elles se doivent être conscientes de l'honneur qui leur est fait et de l'occasion qu'il ne faut pas laisser passer), et ensuite tombe réellement amoureux de l'une d'elles. Celle-ci le verra bien entendu venir puis revenir avec gratitude et sans discussion. Est-ce que c'est vraiment si fin, une grosse ?
Sans jamais faire dans la dentelle, j'ai connu les frères Farrelly plus inspirés. Bof.

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"La Seconde surprise de l'amour", Marivaux mis en scène par Luc Bondy

L'HISTOIREla_seconde_surprise_de_l_amour


Une comédie de Marivaux où deux endeuillés trouveront de la douceur à se confier leurs malheurs puis de l'amertume à essayer de deviner si l'autre ressent la même douceur, sans y parvenir.
Pour un résumé détaillé, je vous renvoie à l'article de Wikipédia.

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La mise en scène est faite avec des costumes contemporains. C'est vraiment très amusant, il y a des jeux avec les décors qui sont assez captivants et empêchent l'ennui devant un texte toujours assez "entortillé". Il y a toujours un moment où je m'ennuie devant une pièce de Marivaux, et cela n'est pas arrivé cette fois.
La musique est très agréable, pas trop envahissante, contrairement à l'usage pénible qui en est fait trop souvent au théâtre.

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23 mars 2009

"Salomon et la Reine de Saba"

Texte de Claude-Henri ROCQUET.salomon
Interprétation de Jean-David.

Spectacle musical (le conteur s'accompagne au luth) et poétique. Les images et tableaux narrés sont saisissants de beauté simple si bien que nous nous évadons et que plus d'un spectateur avouait à mi-voix en sortant avoir fermé les yeux pour mieux rêver ou entendre. Entendre : "musique intérieure" où à trois reprises, la voix de l'homme et celle du luth se confondent en une note... Saisissant !

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15 février 2009

"Mars attacks", de Tim BURTON (1997)

L'HISTOIREmarsattacks


Des rencontres du 3ème type réitérées se finissent toujours par des massacres. Les Hommes se demandent chaque fois ce qu'ils ont pu dire ou faire pour que chaque entrevue tourne à l'incident diplomatique sanglant.

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Un vrai bonheur de spectateur, entre le film de genre, la parodie et l'affirmation toujours plus grande d'un monde esthétique particulier, qui me plaît.

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13 février 2009

"Yes Man", de Peyton REED (2009)

L'HISTOIREyesman


Depuis sa rupture, Carl Allen (Jim Carrey) n'a plus envie de rien, ni de rencontrer qui que ce soit, ni de tendre une perche ou d'en attraper dans son métier, ni de sortir avec ses amis d'avant, qui doivent ruser comme des Sioux pour le voir.
L'un d'eux lui raconte comment il est devenu un "Yes Man", quelqu'un qui ne refuse aucune opportunité, ce qui lui inspire une généreuse pitié. Mais un cauchemar va l'engager à assister à une réunion de Yes Men, et changer sa vie... Il va se retrouver engagé dans une spirale effrayante et pour le moins... positive !

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Un apologue sympa comme tout, qui nous fait, finalement, à la fois rêver et conforte dans le bon sens élémentaire. Il y a une leçon à tirer des Yes Men et en même temps, la conclusion assez cynique nous invite à ne pas nous jeter tête baissée dans la générosité et l'acceptation aveugles.
Un film qui fait rire et réfléchir, sans la moins prétention, ce qui est sympathique.

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26 décembre 2008

"Musée haut, musée bas", de Jean-Michel RIBES (2008)

LE FILMmuseehaut


A l'entrée d'un musée, puis à l'intérieur, on suit plusieurs personnages, une guide d'Histoire de l'art, une guide parlant néerlandais qui court pour que ses touristes ne manquent pas leur car, un professeur et ses élèves, des beaufs, une mère poursuivant son fils artiste, un Conservateur obsédé par les incursions répétées de la Nature dans son musée, un petit clandestin arrivé avec des statuettes africaines, Sulki et Sulku, des allégories, des visiteurs qui ne retrouvent plus leur parking, et d'une manière générale, des gardiens fragilisés par un contact permanent avec l'art, une mère de famille qui vient pour ouvrir ses enfants à un art respectable, une passionnée d'art abstrait qui cherche pendant des heures la salle de Kandinsky sans la trouver, des gens complètement perdus entre ce qu'ils savent, ce dont ils se souviennent et leur situation par rapport au Temps, par rapport à l'Art...

MON AVIS


Un film passionnant, tiré d'une pièce du même auteur, que j'attendais depuis des années, un film qui ne prend pas son spectateur pour un imbécile (à tort, quand je lis sur d'autres blogs certaines critiques : il est visiblement passé par dessus la "tête" de beaucoup de gens, il suffit de voir que certains étaient pliés en deux de rire, et d'autres complètement impassible) et lui offre non pas simplement une énième satire sociale ou un simple série de portraits, mais une vraie réflexion, directe, symbolique, allégorique avec du deuxième (peut-être même du 3ème) degré ! C'est le genre de film qu'on va revoir, après s'être documenté et avoir lu la pièce en entier, tant je suis certaine qu'à la première vision, j'ai dû en rater...
Il nous incite à nous questionner sur les rapports entre le figuratif et l'abstrait, l'apport de la perspective, le droit de hiérarchiser ou non dans l'art, le body art (caricaturé en family art), le côté béotien des amateurs de musée qui mélangent allègrement les périodes (par exemple : "Moi, ce que j'aime", dit Valérie Lemercier, "c'est la période qui va de Vinci à Warhol"), l'art conceptuel qui se croit parfois transgressif alors qu'il ne fait que reprendre des poncifs antiques, le snobisme, le métier de guide, de conservateur, l'abandon dans lequel tombe la préservation du patrimoine artistique, en concurrence avec les patrimoines humain et naturel...
Il y a d'énooooooormes clins d'oeil à des tableaux connus (pas de tout le monde, d'où je pense l'agacement de certains internautes qui n'y ont rien compris) ou des concepts artistiques, à mourir de rire ou d'admiration.
Il y a aussi des coups de coude assumés en direction de cinéastes comme Fellini, sans tomber dans la pompe, c'est un vrai hommage, un vrai film (lui-même d'une grande beauté plastique), un vrai moment de réflexion et d'art.

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19 décembre 2008

"Les Enfants de Timpelbach", de Nicolas BARY (2008)

L'HISTOIREtimpelbach


A Timpelbach, un étrange village à la croisée de plusieurs époques et de plusieurs pays, un conseil municipal réunissant la totalité des adultes a lieu : un grand groupe d'enfants est intenable (certains ont été déscolarisés) et joue de méchants tours aux adultes.

La seule solution que ces derniers trouvent est d'abandonner le village et les enfants pendant 24 heures, histoire de leur apprendre à comprendre ce qu'ils perdent... Mais ce plan stupide (punition collective et politique de la chaise vide) subit un impondérable, et les enfants - les sympathiques comme les diablotins - se retrouvent seuls, avec le problème de devoir assurer leur propre subsistance.

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D'après Henry Winterfeld (l'auteur de L'Affaire Caïus), une fable mise en scène de manière baroque et esthétiquement jouissive par Nicolas Bary, dont j'attends de pied ferme les prochains films. Le casting est vraiment intéressant (notamment Armelle en maîtresse d'école frustrée et sexy à la fois) pour les adultes comme pour les enfants. Le film aborde le souci bien contemporain du respect de la vie privée empêchant de "se mêler de l'éducation" que notre voisin donne à ses enfants, donc régler de l'intérieur une éducation déviante. Cela entraîne à réprimer de façon terrible (abandonner les enfants à leurs dérèglements) de l'extérieur.

Si les décors, les personnages, le packaging du film sont terriblement soignés, je regrette le "manque de bobine" occasionné par le format d'1H30 : le scénario n'explore qu'une conséquence de la disparition des parents, le risque de famine et le manque de câlins. Ne plus avoir d'école, de repères sociaux, de soins médicaux et hygiénistes, de protection physique n'est pas en problème pour le groupe des "enfants bien élevés", qui s'en sortent : ils se soignent, évitent les excès, organisent leur ravitaillement, leur justice et leur défense... Est-ce à dire au fond que les enfants n'ont besoin que d'être nourris et "élevés" quelques années - avec succès, certes, pour être autonomes ?

En effet, je ne trouve pas du tout que la guerre finale entre les deux groupes d'enfants (qui a fait dire à quelques critiques mal inspirés que ce film était une sorte de "Guerre des boutons" à la Tim Burton, arff, ridicule) soit la conséquence du départ des parents : on sait très bien que l'origine des guerres n'est pas le fait d'enfants ! Il n'empêche que cette guerre  fait un gros clignement d'oeil vers le tragique Sa Majesté des Mouches : le plan sur une tête de sanglier n'est pas innocent...
Autre absence scénarique que j'ai regrettée : Nicolas BARY, par souci sans doute de ne pas être trop didactique ou moralisateur, n'a fait qu'effleurer des causes de la violence de certains des enfants, en montrant d'un bref revers de pouce les carences parentales. A la conclusion du film, rien ne semble réglé à la maison et c'est un happy end quand même... Y a-t-il eu des coupes ? Est-ce intentionnel ?

C'est dommage : le film était taillé au départ pour devenir un apologue de haut niveau artistique, il ne reste qu'un bon et beau film pour enfants. C'est déjà beaucoup.
Faute de mieux, je mets la bande-annonce (mais elle ne donne pas l'aperçu esthétique du grand écran) :

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Posté par DonaSwann à 23:07 - Cinéma - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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