Au Fil des images

Ceci est mon journal des films vus de préférence au cinéma, mais aussi à la télévision ou en DVD, VHS ou autres supports. Je tâcherai au fil du temps de mettre également à jour la liste des films que j'ai vus dans le passé, avec des omissions.

08 juillet 2008

"Goodbye, Lenin !", de Wolfgang BECKER (2003)

L'HISTOIREgoodbyelenin


Berlin, République Démocratique Allemande, à l'époque du "rideau de fer".
Une mère abandonnée par son époux, fasciné par l'Ouest, revenue de sa dépression, se lance à corps perdu dans le patriotisme et l'exaltation des valeurs anticapitalistes de son Etat. Assistant à une émeute alors qu'elle se rend à une remise de récompenses, elle fait un infarctus et reste dans le coma pendant 8 mois. Cela suffit pour qu'elle n'assiste pas à la chute du Mur de Berlin, à la disparition de certaines marques alimentaires, au changement de langage télévisuel, et revienne à elle persuadée que rien n'a changé. Or, le médecin interdit aux enfants de lui infliger désormais le moindre choc.
Ceux-ci, et spécialement son fils Alex, vont faire l'impossible pour lui reconcocter, à l'aide de complices, une petite RDA de chambre... Mais la mère elle-même n'a pas toujours dit la vérité à ses enfants...

MON AVIS


lenin_sh02Un beau film, émouvant sans être larmoyant, qui, tout en ne faisant pas de la RDA un paradis qu'elle n'a jamais été, pose la question de savoir si le bébé n'a pas été jeté avec l'eau du bain. Je pense à la séquence où, quand la mère parvient à la fenêtre et voit passer une foule de voitures de marques wessies, le fils lui fait concocter un faux journal TV où il est dit que les habitants des pays de l'Ouest, lassés d'un monde où l'on fait croire que le bonheur tient à une télévision, à une voiture, à la consommation, émigrent massivement à l'Est. N'est-ce pas la question que nous nous posons actuellement, devant la déroute des économies basées uniquement sur la croissance et impuissantes à assurer le "bonheur matériel", soi-disant garant du "moral des ménages" ?

J'ai été désagréablement piquée de m'apercevoir que Jeunet a largement piqué à l'esthétique de ce film, à la façon de présenter l'enfance dans des années 70 mélangeant désuétude et vétusté, et je ne parle même pas de la musique du film, parfois identique à celle d'Amélie Poulain.

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10 juin 2008

"Tatie Danielle", d'Etienne CHATILIEZ (1990)

Vu lors de sa sortie, revu depuis, à la télévisin ou en DVD-VHS.tatiedanielledvdcoll

L'HISTOIRE


Après la mort de sa gouvernante, qui était son souffre-douleur, Mme Billard (Tsilla Cheldon) va être prise en charge à leur domicile par ses neveux, contre une donation, bien qu'on comprenne que ces derniers, doux et gentils, n'étaient pas intéressés financièrement.

Elle va alors poursuivre le petit jeu de faire tourner en bourrique ceux qui ne veulent que son bien.

MON AVIS


On en a tous une dans notre entourage, je vous l'assure. Chatiliez semble vouloir dire, grâce au personnage joué par Isabelle Nanty, qu'on naît Tatie Danielle et qu'on se perfectionne avec le temps, avec une latitude d'autant plus grande, offerte par le grand âge, de casser les pieds sans être reprise de volée.

Pas de gradation dans l'horreur, en réalité, c'est le développement des occasions qui fait escalade de conséquences : toute l'abjection d'une vieille ordure est donnée dès les premiers plans du film. Le scénariste a pourtant une grande tendresse également pour son personnage faire-valoir, car elle s'en sort bien mieux que ses neveux, très meurtris par l'expérience.

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26 mai 2008

"Bienvenue à Gattaca", d'Andrew Niccol (1998)

Déjà vu une fois en DVD.gattaca

LE FILM


Dans un centre d'études spatiales nommé Gattaca, qui n'organise de lancement que tous les 70 ans, un homme qui n'a rien à y faire est parvenu à s'introduire. On pourrait l'appeler "enfant du destin" "de la providence", ou "dégénéré", comme tous ceux qui, dans cette époque anticipée, sont nés du hasard chromosomique et non pas d'une fécondation in vitro sélectionnant "le meilleur" des géniteurs. Vincent Freeman, écrasé, comme dans une tragédie, par les prédictions des mauvaises fées de la génétique, voit toutes les portes, et notamment celles du centre spatial se refermer devant lui : son insuffisance cardiaque doit l'empêcher de vivre après 30 ans, et il possède des "gènes de violence".

Révolté devant ce destin, il décide de ne pas l'assumer et de forcer la chance, en usurpant l'identité de Jerome Morrow, un "validé", qui a tous les bonheurs chromosomiques possibles, sauf des jambes pour marcher, et qu'il entretiendra en échange. Le voilà admis à Gattaca, dont l'entrée est gardée par un contrôleur d'identité par prélèvement sanguin quotidien...

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Un scénario soigné, intéressant, des acteurs impassibles, filmés avec passion dans une esthétique dépouillée et un jeu de couleurs ocrées. Le trio Irene (Uma Thurman), Jerome (Jude Law), Vincent (Ethan Hawke) crève l'écran. Aucune séquence ne paraît superflue, à part la répétition de la compétition de nage entre Vincent et son frère cadet "parfait" à la fin du film... Il aurait suffi que Vincent dise son secret pour gagner...

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15 avril 2008

"Le Guide du voyageur intergalactique", de Garth JENNINGS (2005)

L'HISTOIREH2G2


Synopsis d' Allôciné.com :

Sale journée pour le Terrien Arthur Dent. Sa maison est sur le point d'être rasée par un bulldozer, il découvre que son meilleur ami, Ford Prefect, est un extraterrestre et pour couronner le tout, la Terre va être pulvérisée dans quelques minutes pour faire de la place à une voie express hyperspatiale.
Arthur a une chance de survivre, mais il doit pour cela se faire prendre en stop par un vaisseau spatial, avec l'aide de Ford. Sa plus grande aventure va commencer au moment où notre propre monde disparaît... Arthur se jette dans l'inconnu et entame un délirant périple au cours duquel il va découvrir la véritable nature de l'univers.

routard6MON AVIS


Un film surprenant dès le début, qui semble aller d'un caprice et d'une fantaisie à l'autre, mais formant un tout très pensé : Le Guide du routard intergalactique de Douglas Adams en 1978 est toujours un roman-culte aujourd'hui et dans certaines coteries, on évalue votre degré de geek attitude en vous demandant : "Pourquoi 42 ?" Seuls ceux qui ont lu (maintenant vu) peuvent dire...

Les Vogons sont un modèle de déréliction et de bêtise : j'ai hurlé de rire à la scène de la plage et aux idées châtiées (mais je n'en dirai pas plus : il faut que vous puissiez hurler de rire aussi). Le robot dépressif est formidable, on l'aime à la folie.

Vraiment à voir (à lire) ! La bande-annonce est déjà une promesse de 2ème degré :

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10 avril 2008

"La Dernière Tentation du Christ" de Martin SCORSESE (1988)

L'HISTOIRE tentationduchrist


Jeunesse et passion du Christ, ses dernières pensées sur la croix, d'après le roman de Nikos Kanzantzakis.

MON AVIS


Le voilà donc, ce film qui a causé des incendies criminels de la part des catholiques intégristes dans les cinémas.

J'ai été un peu étonnée devant le film lui-même. Effectivement, les évangiles sont bousculés, Marie Madeleine et Jésus sont amis d'enfance, il est chaste, elle est prostituée, Judas un des plus proches amis de Jésus, ce dernier met du temps à comprendre le sens de son existence et des voix qui lui parlent... Mais enfin, l'avertissement en début de film aurait dû prévenir les cerveaux lents qu'il ne s'agissait pas d'une réécriture des évangiles, mais d'une libre interprétation sur un thème donné.

Quant à la tentation elle-même, pourquoi la douleur et la peur conjuguées n'auraient-elles pas nourrie une telle hallucination ? Non, décidément, je ne m'explique un tel scandale que par le seul désir d'en faire un, d'intimider le monde entier.

On peut voir une bande-annonce ici : http://fr.movies.yahoo.com/l/la-derniere-tentation-du-christ/index-5132352.html

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22 mars 2008

"Mon père est ingénieur", de Robert GUEDIGUIAN (2004)

L'HISTOIREpereingenieur


Jérémie dans la médecine humanitaire internationale, et notamment le SIDA, revient voir son ancien amour, Natacha, pédiatre, qui est prostrée, en état de choc depuis un mois. Sa mère lui raconte la Nativité à la sauce provençale et on devine que ce récit signifie beaucoup pour elle, malgré l'absence de réaction. Apparemment, rien n'a pu déclencher cet état, mais petit à petit, Guédiguian révèle ce qu'a été la vie de Natacha pendant toutes ces années et ces dernières semaines.

MON AVIS


Un conte sur la générosité, la solidarité d'une communauté. C'est l'harassement de Natacha devant cette tâche sans fin, réconcilier et pacifier, qui est peu à peu révélé. On est touché par cet amour personnel inaccompli - tout à fait fort et exceptionnel - en faveur de l'amour universel, à l'image de cette crèche de Nativité récurrente, à l'image du prénom de l'héroïne. La conclusion à double sens rassérène un peu.

Comme à son habitude, Guédiguian transfigure Marseille, en fait la plus belle ville du monde, la seule où l'on voudrait vivre. Ce qui m'a fait plaisir, c'est que les rochers de Malmousque où Jérémie et Natacha renouvellent année après année leur couple, sont nimbés de la même lumière jaune que les photos que j'y ai faites, sans filtre, s'il vous plaît. Tout est bien vrai.

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17 février 2008

"Manderlay" de Lars Von Trier (2005) - USA, Land Of Opportunity

L'HISTOIRE manderlay


Deuxième opus de USA, Land of Opportunity. Cf. fiche sur "Dogville", le premier volet.
1933. Grace erre avec son père, un chef d'un gang qui vient de la libérer de la communauté de Dogville. Ils arrivent dans une plantation de coton où subsistent des ouvriers agricoles noirs qui sont encore traités en esclaves, Manderlay, en Alabama. Ils vivent sous la Loi de Mam, leur ancienne maîtresse, qui avait estimé qu'ils n'étaient pas prêts pour l'émancipation voulue par la loi et avait rédigé un livre qu'il leur était interdit de consulter, régissant les usages, comportements et travaux à la plantation.
Grace s'enflamme, décide de les initier à la liberté et à la coopérative, où tous les fermiers voteront démocratiquement leurs décisions. Elle réclame à son père, pour y parvenir quelques gangsters et Joseph son meilleur juriste, pour un an, après quoi elle laissera Manderlay vivre sa vie.
Elle est assez vite fasciné par Timothy, un Munsi, catégorie 1  "esclave fier", selon le livre de Mam, qui lui paraît incarner le futur souhaitable des autres fermiers.

MON AVIS manderlay2


Ce film plaide une fois de plus sur la responsabilité personnelle des personnes qui ont de la difficulté à être libres et à exercer leur libre-arbitre. Il pose la question de savoir si l'on naît libre ou si on le devient, si on peut cesser de l'être. Mais Grace aussi prend une leçon : apprendre à respecter elle-même les lois qu'elle édicte, se soumettre à la démocratie qu'elle veut pour les autres. Apprendre aussi que tout ce qu'écrivait Mam n'était pas à négliger sous prétexte que la plupart des textes étaient ignobles.
Ce débat philosophique prend place encore cette fois dans un décor dépouillé, dans une semi-pénombre, mais elle m'a moins gênée que dans l'oeuvre précédente : Von Trier privilégie les gros plans ou les plans rapprochés.
Je ne m'expliquais pas le titre Manderlay ; peut-être faut-il y voir que, comme dans le roman de Daphné du Maurier ("Rebecca"), cette plantation est hantée par une maîtresse à la forte personnalité au souvenir de laquelle Grace doit se mesurer ?
Ce film refuse, avec mérite, le manichéisme et s'en prend au politiquement correct dont il fait apparaître le vrai visage paternaliste. J'ai hâte de voir le 3ème et dernier volet !

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11 février 2008

"Dracula" de F. F. COPPOLA (1993)

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Celle du roman de Bram Stocker, version romantique, subversive et pessimiste.

Jonathan Harker, un jeune clerc de notaire (Keanu Reeves), fiancé à la belle Mina Murray (Winona Ryder), se voit obligé de remplacer un de ses collègues qui a sombré dans la démence après avoir eu affaire à un étrange client roumain, le prince Vlad Dracul (Gary Oldman). Ce dernier désire acheter un certain nombre de bâtiments dans Londres, et notamment l'abbaye de Carfax. Jonathan ne tarde pas à se rendre compte qu'il est prisonnier dans le château transylvanien de créatures démoniaques tandis que le comte est en route pour Londres après avoir manifesté un intérêt visible pour Mina...

MON AVIS


Ce film, que j'avais déjà vu au cinéma en 1993 lors de sa sortie, et jamais cessé de revoir depuis, appartient à mon Top Ten personnel. Je le trouve d'une sensualité et d'un maniérisme esthétique exaltants : j'aime cette alternance de filtre orangé et vert de cuivre, les encadrements de portes, les côtés d'une tonnelle, d'un théâtre, qui semblent autant de mises en abymes art déco, plumes dedracula2 paon et morsures se transformants en yeux inquisiteurs, et donnent en même temps de l'unité au parti pris esthétique. Le thème récurrent semble le théâtre d'ombres (chinoises, parfois), fidèles ou non aux personnages, mais toujours au passé et aux pensées.

L'époque le voulant, le clin d'oeil de Coppola à la contamination du VIH est peut-être un peu appuyée.

Les amateurs de gore trouveront des motifs de satisfaction, et chez Van Elsing l'humour noir qui manquait, servi par des transitions osées (la tête qui roule, en fondu enchaîné sur un plat de viande saignante ouvrant la séquence suivante !).

Quant à la musique (a-t-on mieux utilisé les facettes du violoncelle ?), elle est procède de la même sensualité, force et caresse ; le motif de choeur d'église du débat est repris à la fin et offre une paix amère, rappelant qu'il s'agissait d'un combat surtout spirituel.


Bram Stokers Dracula - Intro
envoyé par gbraul8

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04 février 2008

"Harry Potter et l'Ordre du Phénix", de David YATES (2007)

L'HISTOIREHPordreph


Harry Potter se voit l'objet d'une campagne de diffamation et de désinformation à un moment où, pour se remettre de sa dernière aventure et de la mort d'un camarade de classe, il aurait bien besoin de compassion et de solidarité. Et voilà que pour surveiller les écoliers de Poudlard de plus près, le Ministère envoie Dolorès Ombrage, une femme doucereusement sadique, vient travailler comme grande Inquisitrice auprès d'Albus Dumbledore. Les enfants, privés d'un cours de Défense contre les Forces du Mal digne de ce nom (remarquons comme ils n'ont pas de chance depuis cinq ans avec leurs professeurs) se voient obligés de s'entraîner en cachette contre un éventuel retour de Lord Voldemort, quand ils ne croient pas qu'il s'agisse d'un mensonge...

MON AVIS


C'est étonnant comme David Yates a su réécrire sans trop défigurer et en laissant de côté les aspects les moins réussis du roman (le moins bon de la série selon moi). Il fait passer plus en douceur les accès de colère et de révolte du héros, parvient à caser beaucoup d'aspects importants du roman - à la va-vite certes, car si le volume du livre augmente, il paraît peu raisonnable de faire la même chose avec le format du film -. Voldemort et ses sbires sont cependant très absents et assez piteux au final. L'image a une unité esthétique : sombre avec toujours une lumière bleutée ou orangée, si petite soit-elle, la musique frappe moins que lors des premiers "épisodes".


harry potter et l'ordre du phénix - le film
envoyé par easy09

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15 septembre 2007

"Fiorile" (Floréal), de Paolo et Vittorio TAVIANI (1993), VOST

Vu au cinéma lors de sa sortie.

L'HISTOIRE


La malédiction de la mal-nommée famille Benedetti commence en Toscane, à l'époque où les soldats de fiorileNapoléon l'occupaient. Une jeune fille rencontre par hasard le jeune et beau soldat français chargé de surveiller la mule qui transporte l'or de l'armée, et se sent si attirée par lui qu'ils succombent aussitôt, en une étreinte qui permet au frère de subtiliser l'argent. Le père, ignorant tout cela, mais apprenant que le jeune homme va être exécuté pour avoir été distrait ainsi prononce sans le savoir la malédiction qui scellera le sort de sa famille : "Celui qui gardera cet or sera maudit, lui et toute sa descendance".
Le film démontre que les Labdacides et les Atrides ont une sévère concurrence...

MON AVIS


Un film poignant, extraordinaire, qui m'a laissé pendant des années des impressions inoubliables. Les acteurs sont terriblement touchants, et leur solitude absolu, leur état de deuil perpétuel fait toucher du doigt le tragique.


Fiorile - elisa e elio 3 parte
envoyé par proguidelli

Posté par DonaSwann à 19:14 - Vidéos diverses, VHS, DVD, DVX... - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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