01 novembre 2019

_La Princesse de Clèves_ de Marie-Madeleine de La Fayette (1678)

J'ai lu ce "roman psychologique" pour la première fois à l'âge de dix-sept ans de mon propre mouvement puis l'ai relu régulièrement au gré de mes besoins estudiantins puis professionnels. Il n'y a guère que les deux dernières fois (sur cinq) où je pense avoir réellement intégré "l'ambiance" et compris la vraisemblance du propos. Jusque-là les prétentions à la vraisemblance du roman me faisaient doucement ricaner. Je n'avais qu'atténué le : "Attends, quoi ?! le pauvre gars est mort, OK, c'est votre faute à tous, tas de brutes, mais... [Lire la suite]

27 octobre 2019

_Celle qui n'était plus_ de Boileau-Narcejac (1952)

Quels assassins déplaisants, durs, égoïstes, sans aucune empathie sont Lucienne et Fernand ! Certes Mireille n'est pas bien douce et bien mignonne, son mari n'est guère heureux avec, mais on ne peut s'empêcher de trouver qu'il passe d'une des Gorgones à sa soeur... C'est pourquoi quand leur stratagème, pourtant assez bien construit (finir par être à la fois libres et riches et en couple), rencontre une faille... abyssale, on est bien content de les voir angoissés et divisés ! Et pourtant, ça va encore plus loin... J'aime décidément... [Lire la suite]
Posté par DonaSwann à 16:49 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,
09 septembre 2019

_Fragiles amants_, Paul Renou (2018)

Paul Renou nous convie à l'entrée dans l'ère du soupçon chez ses personnages, d'une plume doucement souriante et parfois doucement triste. Les amants doutent, espèrent, se heurtent sous son regard moqueur et ils vont jusqu'à rire d'eux-mêmes parfois. Pourquoi sont-ils fragiles ? Parce qu'ils ne vivent pas complètement dans le présent et que leurs pensées les emmènent dans le passé de leurs partenaires ou que leurs perspectives sur un avenir plus ou moins proche ne leur paraissent pas du tout assurées. Or le besoin d'être rassuré... [Lire la suite]
06 août 2019

"L'Etreinte du serpent" de Ciro Guerra (2015)

Vu dans le cadre de l'"Escale colombienne" du cinéma Les Lumières à Vitrolles. Présentation du cinéma : Karamakate, un chaman amazonien puissant, dernier survivant de son peuple, vit isolé dans les profondeurs de la jungle. Des dizaines d'années de solitude ont fait de lui un chullachaqui, un humain dépourvu de souvenirs et d'émotions. Sa vie est bouleversée par l'arrivée d'Evans, un ethnobotaniste américain à la recherche de la yakruna, une plante sacrée très puissante, possédant la vertu d'apprendre à rêver. Ils entreprennent... [Lire la suite]
10 juin 2019

_La Double inconstance_ de Pierre de Marivaux (1723)

J'étais certaine d'avoir déjà lu cette pièce et d'effectuer une relecture, or même en tenant compte de ma très mauvaise mémoire des classiques lus jeune et jamais relus, je n'ai aucune impression de déjà-vu et je dois bien me rendre à l'évidence : j'ai toujours professé de ne pas aimer les comédies de Marivaux faute d'avoir déjà lu celle-ci, sans doute. La pièce, jouée aux Italiens, a beaucoup de la Commedia dell'Arte, à savoir un Arlequin certes rustique mais pourvu d'une latte en bois, comme Arlecchino. Dans cette pièce, Silvia et... [Lire la suite]
28 avril 2019

_La Menace_ de Yann Queffélec (1993)

Charlie est un petit garçon eurafricain qui a été adopté tardivement par un couple assez âgé. Leur fils Eric (Erik en costume de skin-head) est un jeune homme qui aimerait entrer dans l'armée, qui hait son frère adoptif, prétend avoir souhaité un Noir pour le tuer. L'enfant vit dans une atmosphère de menace, de danger de mort imminent qui le terrifie, mais moins que la perspective, maintes fois réitérée par ses parents adoptifs, de le remmener à l'Institution. L'écriture ne joue pas sur le pathétique évident, pourtant, de la... [Lire la suite]

29 mars 2019

_Ne dites pas à ma mère que je suis voyante, elle me croit libraire à Vancouver_ d'Eileen Cook (2008)

Sophie Kintock est libraire à Vancouver car elle a suivi sa meilleure amie Jane au Canada, en Nouvelle-Angleterre, et y est tombée amoureuse de Doug, qui a tout l'homme qui la faisait rêver quand elle était jeune. Tout ce qu'elle en a obtenu (emménagement, présentation à la famille...) l'a été de haute lutte, ce qui aurait dû lui mettre la puce à l'oreille, mais cela n'a pas été le cas. Animée d'une confiance inébranlable en leur amour, leur futur mariage, aveuglée sur des points de mésentente flagrants et les concessions... [Lire la suite]
Posté par DonaSwann à 08:31 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , , , ,
12 décembre 2018

"Heureux comme Lazzaro" de Alice Rohrwacher (2018)

Le film se passe dans une contrée d'Italie qu'on imagine bien du Sud, la Sicile, pourquoi pas ? Le marchesino ne s'appelle-t-il pas Tancredi et ne fera-t-il pas un mariage analogue à celui du neveu du Guépard, de Visconti ? Plus vraisemblablement encore en Sardaigne où le servage a été aboli plus tardivement que dans le reste de l'Italie, à la fin du XVIIIème siècle. L'action du film se passe à une époque que je situerais entre les années 50 et 60, sans réellement pouvoir l'argumenter, dans un village, l'Inviolata, qui vit hors du... [Lire la suite]
10 septembre 2017

_Cette étrange chose en moi_ d'Orhan Pamuk (2017)

Je n'avais jamais lu de roman d'Orhan Pamuk avant et c'est une très belle découverte. Ce qui m'a frappée, c'est l'incroyable pouvoir évocateur de son écriture. Mevlut, qui a rejoint son père à Istamboul pour l'accompagner dans la vente ambulante de yaourt, puis, plus tard, de boza, vit dans des torrents d'odeurs, de couleurs, de textures, sans qu'il y ait ostentation ni d'extension dans la manière de décrire de Pamuk. Il dit et nous percevons. Le destin de Mevlut est rapporté en polyphonie, comme si son histoire était racontée en... [Lire la suite]
01 avril 2017

_La Classe de neige_ d'Emmanuel Carrère (1995)

Nicolas rejoint la classe de neige plus tard que les autres, et dans le véhicule de son père : ses parents, inquiets par un récent accident en voyage scolaire n'ont pas confiance. Ils ont tout juste accepté qu'il parte avec la classe, d'ailleurs. Par ce retard, et plus encore par l'oubli de sa valise dans le coffre de voiture de son père, Nicolas se sent coupable, marginalisé... Et la vie de dortoir... N'y a-t-il pas quelque chose à craindre de ce grand élève, Hodkann qui se montre gentil, mais qui tient parfois des propos inquiétants... [Lire la suite]