06 avril 2021

Les Deux maîtresses, d'Alfred de Musset (1840)

Il ne faut pas se fier à la couverture : la bigamie du personnage principal, Valentin, ne cherche pas des différences physiques dans un même milieu social. Il a un éternel féminin (petite brune) qu'il va chercher dans des femmes bien différentes socialement ; est-il si indécis ? Alfred de Musset décline une nouvelle fois son thème chéri du double. Et quelque Mère/Père la Morale qu'on puisse être, il le fait de manière tellement charmante - avec un personnage principal à la fois odieux et charmant - qu'on ne peut qu'être... charmé,... [Lire la suite]

17 octobre 2020

_L'Amie prodigieuse_, tome 2 : "Le nouveau nom" (2012)

L'amie prodigieuse, tome 1 : "Enfance, adolescence". L'amie prodigieuse, tome 3 : "Celle qui fuit et celle qui reste". Je n'ai pas pu attendre bien longtemps avant de me lancer dans le tome 2, au détriment des Furtifs, dans lesquels je patauge toujours... Je voyais bien que la fin du tome 1 était atroce, mais je ne me doutais pas que le riche mariage de Lila allait se révéler aussi immédiatement sordide. J'avais donné, à l'instar d'un critique de cinéma, au Nombril du monde, d'Ariel Zeitoun, la palme de la nuit de noces la plus... [Lire la suite]
13 octobre 2020

_L'Amie prodigieuse_, tome 1 : "Enfance, adolescence" (2011)

Voilà un livre qui est resté longtemps sans me tenter, malgré son succès évident. Puis j'ai été accrochée, bien malgré moi, par quelques images vues du téléfilm en VO passé cet été, au point d'en développer une addiction. Ne pouvant attendre de l'acheter dans la langue originale en Italie, je l'ai emprunté à la bibliothèque. Dès les premières pages, l'absence criante du rendu de la langue napolitaine par rapport à l'italien m'a désespérée. Le rendez-vous avec la version originale n'est donc que partie remise pour moi. Lenù (Elena)... [Lire la suite]
18 septembre 2020

"Effacer l'historique", de Gustave Kervern et de Benoît Delépine (2019)

Dans un de ces lotissements poussés comme des champignons, qui gardent leur air insolite et hideux au milieu de jardins pas assez grands pour reconstituer la nature et que leurs occupants peinent à rembourser tout en vivant et en travaillant, les problématiques se bousculent. HappySlapping, sextape sur internet (d'où "effacer l'historique"), addiction aux écrans, à la consommation, difficultés à travailler, à étudier, à rencontrer, à protéger, exploitations diverses, transhumanisme, et les révoltes écrasées comme celles des gilets... [Lire la suite]
05 août 2020

"Trois étés" de Sandra Kogut (2020)

Commentaire fait trop longtemps après avoir vu le film, il risque d'être un peu vague, peut-être aussi parce qu'il ne m'a pas soulevée d'enthousiasme... Au Brésil, Mada (Regina Casé), majordome, orchestre une fête de famille dans la magnifique et luxueuse villa d'Edgar (Otàvio Müller). La mère de ce dernier est morte plusieurs mois auparavant, et on a bien du mal à convaincre le patriarche (Rogerio Froes), M. Lira, un ancien enseignant, très mal à l'aise dans ce luxe absurde, d'y participer. Son regard qui n'exprime au mieux que de... [Lire la suite]
16 juillet 2020

"Filles de joie" de Frédéric Fonteyne et d'Anne Paulicevich (2019)

Axelle (Sara Forestier), Conso (Annabelle Lengronne) et Dominique (Noemi Lvolvsky), un groupe de trois Françaises, passe la frontière chaque semaine pour travailler dans une petite villa servant de maison close. Ceux qui attendent une rieuse maison Tellier en seront pour leurs frais. Même quand ces femmes rient, c'est anecdotique. Même les clients n'ont pas l'air si contents. En cherchant la distribution, je suis tombée sur quelques critiques de particuliers, comme moi et, certains sont clairement déçus, attendaient de l'érotisme à... [Lire la suite]

18 février 2020

"Les Quatre filles du Docteur March" de Greta Gerwig (2020)

On connaît l'histoire (et c'est probablement pour cela que Greta Gerwig a brisé la construction chronologique du roman de Louisa May Alcott) : un bon docteur parti combattre les Sudistes racistes laissant ses quatre filles aux bons soins de son épouse dévouée et de l'inévitable pauvreté, les quatre filles cultivant leurs talents (écriture, peinture, musique, art dramatique) entre amour et chamailleries tout en essayant - ou pas - de continuer à faire bonne figure dans leur rang et le voisinage. Les unes ne se rêvent qu'en couple,... [Lire la suite]
19 décembre 2019

"Gloria Mundi" de Robert Guédiguian (2019)

Daniel (Gérard Meylan) reçoit une photo qu'il a failli ne jamais recevoir : celle de sa petite-fille Gloria. Il est incarcéré depuis sa prime jeunesse, n'a jamais connu sa fille (Anaïs Demoustier), et la mère de sa fille (Ariane Ascaride), femme de ménage dans un hôtel (on sait la charge sociale cachée derrière cet emploi), vit avec (Jean-Pierre Darroussin), chauffeur de bus à la RTM, qui avait lui-même une fille (Lola Naymark). C'est ce dernier qui a proposé à sa compagne de le prévenir. Alors tout naturellement il vient les voir à... [Lire la suite]
09 novembre 2019

_Qui a tué mon père_ d'Edouard Louis (2018)

Ce bref récit biographique, presque une chronique par année, à cause de la datation, reprend l'examen de la vie de famille chez l'auteur, rencontrée dans Pour en finir avec Eddy Bellegueule, en approfondissant une idée, celle du déterminisme. L'éducation, les préjugés, la culture, mais aussi la politique sont passés au crible ; dans ce dernier cas, l'argument qu'elle impacte plus durement les pauvres que les riches est faite, aussi peut-être, ajouterai-je, du fait que l'austérité est demandé aux salariés et aux nécessiteux, pas du... [Lire la suite]
Posté par DonaSwann à 08:52 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , ,
12 août 2019

"Yuli" d'Icìar Bollaìn (2018)

A Cuba, Yuli est le petit dernier d'une famille "mixte", d'un père d'origine africaine et d'une mère "hispanique". L'enfant se complaît à danser le hip-hop en compagnie de ce que son père estime être des voyous. Il a aussi bien perçu que son fils avait du talent et que le talent était le seul moyen pour l'enfant d'échapper à la pauvreté dans laquelle sa famille et sa condition d'enfant de couleur l'avaient mis. Cuba offrait une éducation gratuite dans une école de danse pourvu que l'enfant ait les capacités physiques de suivre les... [Lire la suite]