Saules aveugles, femme endormie, de Haruki Murakami (1980-1996)
C'est un recueil de nouvelles (une nouvelle éponyme, "La Baie de Hanelei", "Les Crabes", "Le Couteau de chasse", etc.) que j'ai écouté sur CD audio, dans la voiture. La circonstance d'écoute est d'importance car elle n'est à mon avis pas étrangère à l'absence complète de plaisir et d'intérêt que j'ai portée audit recueil. Ça ne serait pas la première fois que les audio-books m'auraient amenée à ne pas apprécier une oeuvre, à contre-courant des opinions les plus répandues.
J'ai trouvé les récits verbeux, vides, extrapolatoires, à quelques exceptions près et j'ai trouvé dans la description des relations amoureuses, si on peut les appeler ainsi, un peu les mêmes composantes que dans Les Amants du Spoutnik. Ça ne m'avait déjà guère emballée à l'époque, alors si, en plus, cela devient du maniérisme narratif !... Agaçantes, ces femmes qui se donnent (ou ne se donnent pas), à contre-cœur et disparaissent sans raison claire.
Donc, contrairement à l'avis de mazel, qui m'a fait le plaisir de passer ici (cf. ses commentaires sur "En ce moment, je lis..."), je n'ai pas aimé ces nouvelles, mais je suis certaine de nuancer à l'avenir ce billet en entamant la version papier dans des circonstances plus propices à la concentration que des trajets de voiture...
Le sort des animaux chez Haruki Murakami m'inquiète (et l'inquiète) aussi : dans le roman cité plus haut, il évoquait le triste sort d'un animal envoyé crever de faim dans un sputnik, dans une des nouvelles, une religieuse voulant à tout prix qu'une jeune fille coincée sur une île déserte avec un chat laisse celui-ci mourir de faim et s'accapare les vivres, et j'en passe et des meilleures.
J'ai été particulièrement touchée par "La Baie de Hanelei" : cette touriste japonaise endeuillée au paradis des surfeurs mérite la lecture.