Princes et princesses, de Michel Ocelot (2000)
Voilà un film d'animation qui, a priori, est surprenant : il propose ses contes en ombres chinoises avec en couleur seulement la lumière de l'air, le ciel, les murs intérieurs des demeures. Comment réagiront les enfants, si attachés aux expressions des visages (et leurs accompagnateurs) ?
En réalité, on réagit très bien : le dessin est admirablement fait, les voix très vivantes, les dialogues à la fois simples et précis, je suis fan ! Ocelot ajoute d'autorité d'autres personnages que les jeunes acteurs n'ont pas prévus, afin de rendre l'action plus complexe.
Un petit garçon et une petite fille disposent un matériel pour faire des jeux d'ombres chinoises : ils choisissent leurs tenues et improviseront leurs histoires devant un technicien qui va les filmer. Ils inventeront six très belles histoires :
- "La Princesse des diamants" : une princesse est prisonnière d'un sort qui impose à un prince de bonne volonté l'assemblage de diamants répandus dans la prairie pour lui recomposer en un temps très bref un collier. Si l'on n'y parvient pas, on sera transformé en fourmi...
- "Le Garçon des figues" : en Egypte ancienne, un jeune garçon qui ne possède qu'un figuier décide d'apporter chaque jour à sa princesse une figue. Il est récompensé par des largesses si importantes que l'intendant décide de mettre un terme à cela.
- "La Sorcière" : conte paradoxal et fort éducatif ; les petits enfants qui m'accompagnaient en ont pris bonne note. Je n'en dis pas plus.
- "Le Manteau de la vieille dame" : un jeune brigand prétend raccompagner une vieille dame sur son dos mais il a en réalité l'intention de la dépouiller de son manteau. Or la vieille dame va retourner la situation et lui livrer un enseignement.
- "La Reine cruelle" : une reine a décidé de décourager tous les prétendants qu'elle pourrait avoir et a inventé des machines qui tuent à vue tous les princes qui pourraient vouloir l'approcher...
- "Prince et princesse" : un prince veut à tout prix embrasser sa fiancée ; or ce baiser le transforme en crapaud. Ils ne cesseront d'échanger des baisers qui les transforment jusqu'à une sorte de point d'équilibre... qui satisfera l'un des deux. Morale très malicieuse.
Vu au cinéma.