Mots et Images

Les Challenges de l'année 2016

Cette année, je relève plusieurs challenges :

Le Challenge ABC 2016, comme l'an dernier ; cf. ce billet.

Le Bingo 2016, pour l'instant dans la catégorie "Prometteur" (26 titres) ; cf. ce billet. FINI !

Le Défi des paresseux (contredit par ce qui précède, je pense), comme l'an dernier ; cf. ce billet. FINI !

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25 août 2016

En ce moment, je lis...

 Somoza-La-caverne-des-idees

* attention, ce billet est édité chaque fois que je lis un nouveau livre... ! ;o)

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24 août 2016

"Le Correspondant" de Jean-Michel Ben Soussan (2016)

correspondantMalo (Jimmy Labeeu) est l'aîné d'une famille rare : le père (Charles Berling, super) est homme au foyer (et non pas chômeur, comme l'affirme Malo sur ses fiches de rentrée) et la mère (Sylvie Testud, renouvelée) poursuit une brillante carrière dans le commerce international. Elle est gentillle mais ignore tout des goûts et activités de ses enfants, découvre et oublie aussitôt, au grand dam de son époux, condamné à l'altruisme. Or Malo (y a-t-il un lien - douteux - voulu par le réalisateur de SODA ?) a beaucoup de mal à s'affirmer dans son Lycée et galère avec les filles. Son meilleur ami, guère mieux loti que lui, croit trouver une solution dans l'expérience d'un de leurs camarades : réclamer un correspondant allemand lors de l'échange à venir. Celui-ci, garçon ou fille, apporte une valeur ajoutée, par son physique, son aisance et son expérience à celui qui le reçoit, moins seul et obligatoirement intégré dans les activités de la "star" étrangère... Malo va essayer de convaincre ses parents, y parvient in extremis, mais à sa grande découvenue, c'est une sorte de gothique mutique, boudeuse et violente, qui intègre leur domicile et qui met encore plus à mal la cote de son correspondant français.


Je voulais voir "L'Economie du couple", mais il est sorti de l'affiche hier. J'ai dû me rabattre sur ce qui semblait le moins jeune public, le moins film d'horreur et que je n'aurais pas eu l'impression de voir cinquante fois. Une histoire de correspondants, allemands de surcroît, ça ne court pas les écrans, ensuite si ça ressemblait aux "Beaux gosses", ça serait plutôt bien.

Malheureusement, je suis un peu partagée. On n'évite qu'à grand peine les clichés (mais on voit que le réalisateur a essayé) avec un professeur incompétent et intrusif (Frank Bellocq), un père représenté comme falot parce qu'il n'endosse pas son rôle traditionnel, alors qu'il est clairement le personnnage le plus humain et chaleureux du film, une mère carriériste qui n'est pardonnée par le spectateur à la fin que parce qu'elle sabote la signature d'un contrat (l'échec professionnel lui rend son statut de mère), la jeune Allemande masculine qui boit de la bière... Il est dommage aussi que le film n'ait pas assumé de se passer en France : Malo habite dans un quartier résidentiel typique des estates nord-américains (grandes avenues logeant des jardins sans clôture, avec chemin piéton ou cycliste, ombragé) et son Lycée a le culte du garçon ou de la fille populaaaaire, alors qu'on n'en est heureusement pas encore là en France, même si on y vient. Reste une petite comédie familiale (où les enfants petits ne trouveront pas leur compte) qui peut servir de déclencheur de parole, et qui aurait gagné à sortir à la rentrée.

Le personnage de Sasha (Sophie Mousel), la jeune gothique, étonne par ses multiples visages, et il n'a vraiment fallu que la séquence où elle feint de chanter "99 Luftballons" pour que je soupçonne que l'actrice n'était pas germanophone.

Bande-annonce.

23 août 2016

_La Fabrique des pervers_ de Sophie CHAUVEAU (2016)

fabrique-perversSophie Chauveau est connue pour ses biographies romancées d'artistes majeurs. Elle est contactée par une lectrice qui comprend qu'elles sont cousines en lisant l'arbre généalogique d'une autre de ses études (Noces de charbon) et va s'essayer à un sujet qui la touche d'encore plus près.

En comparant les schémas familiaux et leurs blessures, elles découvrent avec horreur et une surprise croissante que leur lignée, qui descend des "dépeceurs du Jardin des Plantes" pendant la guerre de 70, est remplie de prédateurs. Sous le signe du patriarcat le plus destructeur, les hommes, et parfois les femmes, vivent dans le plus grand flou structurel, moral et sexuel l'inceste de manière endogame (nudisme et mains baladeuses sont la règle des réunions familiales où l'ébriété sert d'excuse, par exemple), tout en offrant l'image irréprochable attendue de bourgeois pour l'extérieur.

La cousine Béatrice avait publié en son temps un livret condentiel d'une trentaine de pages pour tenter de percer l'omerta familiale, mais personne, en dehors d'une certaine tante Arlette, n'avait voulu réagir. Sophie Chauveau va publier alors plus loin et plus fort, d'abord reprenant la lignée de Béatrice, puis le cas particulier de ses parents.


 J'ai été sidérée par ce livre, non que je n'en ai jamais lu sur un tel thème, que je découvre ses modalités. Outre les récits d'auteurs connus comme Angot, j'ai lu des études sur ce thème et les constantes dégagées par les psys sont seulement confirmées par ce que je lis dans La Fabrique des pervers. Ce qui me laisse stupéfaite, c'est le mélange de détresse enfantine et adulte d'une enfance passée dans la destructuration la plus absolue, la définition parfaite de la perversion, qui correspond à certains personnages qui ont peuplé ma vie... mais aussi l'art de Sophie Chauveau : elle a refusé de faire un récit propre à émoustiller, à allécher le voyeur. On est dans le fait, pas le détail charnel. On en sait suffisamment pour comprendre, pas pour s'émouvoir physiquement. Bravo !

Très intéressant aussi, ce dossier plus général qui consiste à analyser, à faire analyser par des professionnels ces témoignages et cet arbre généalogique... L'une des thèses (déficit en ocytocine) n'est pas à repousser du pied.

Citations :

  • Quand je lui ai parlé de son mari, du tort qu'il m'avait fait, d'abord elle a nié.
    Quoi, ses geste ? Il fait ça à toutes les femmes...
    C'était absolument vrai, mais normalement, sa propre fille n'aurait pas dû être une femme comme toutes les autres pour lui.
  • Il me faudra des décennies avant de découvrir, grâce à Bataille, Sade et Pauvert, que telle est précisément la définition du pervers : un qui ne sait pas que l'autre existe, qui pioche, prélève des morceaux choisis de l'autre sans imaginer que ça peut lui faire mal. Puisque lui ne sent rien.
  • J'ai mis des décennies à découvrir, atterrée, à quel point il ignorait l'existence des autres. Oh, il leur parlait, leur faisait des ronds de jambe s'ils étaient puissants, les méprisait sinon, mais ne pouvait simplement pas les considérer en tant qu'entités. Tant qu'il ne rencontrait pas de résistance, pourquoi se gêner ? J'ai vu un certain nombre de gens se laisser faire, d'abord médusés par son culot, en réalité son inconscience, avant de découvrir qui'l allait réellement se servir d'eux. D'aucuns se retiraient sans bruit.
  • Aussi, pour ne pas mourir, n'avons-nous eu d'autre choix que de devenir des artistes, c'était vital : nous étions contraintes à vivre à l'écart absolu. Rompre radicalement avec ce qui ne nous était pas donné. Ça ne les a d'ailleurs pas dérangés puisqu'ils n'avaient aucune volonté de transmission. Transmettre quoi ? Ils n'étaient héritiers d'aucune tradition. Aucune Loi à reproduire. Ils prospéraient sur une absence d'histoire, et un manque d'intérêt pour leur époque qui friserait l'autisme s'ils n'avaient été un certain nombre, dans leur bande d'amis façonnés par les Trente Glorieuses, à ne se soucier de rien d'autre que d'eux-mêmes. Acheter, consommer et recommencer.

22 août 2016

_Chute de vélo_ d'Etienne DAVODEAU (2004)

chuteaveloUn frère, vendeur de voiture fort chanceux, et une soeur, Jeanne, se retrouvent à la maison familiale, la soeur, avec son mari et ses enfants, dont le fils d'un frère avec lequel ils sont en froid, adolescent. Une atmosphère de vacances et de nettoyage s'installe, anodine, sympathique, au milieu des jeux d'enfants, qui fouinent, cachent leur observation des disputes entre un maçon et son apprenti.

Très vite, les choses apparaissent moins légères : en réalité, la maison va être vendue. La mère de Jeanne, atteinte d'Alzheimer, ne paraissant pas bien comprendre de quoi il s'agit vient passer quelques jours avec eux à la maison, ce qui donne lieu à des épisodes tragi-comiques. L'ami de la famille, Toussaint, montre un attachement inconditionnel très rare... Et les enfants sont perturbés par la violence croissante de l'affrontement des ouvriers voisins...


Choisie juste pour trouver un moyen de remplir de des catégories d'un de mes défis de lecture, j'aurais pu mal tomber et j'ai eu de la chance. Cet album joue à la fois sur le caractère quotidien et banal des situations et celui de l'exception, de l'extraordinaire. Même la chute est mystérieuse. J'ai bien une hypothèse sur la cause de la réaction de Toussaint, mais je n'en suis pas sûre. J'aime aussi beaucoup le dessin de cette bande-dessinée. A découvrir.


18 août 2016

_Flétrissure_ de Nele Neuhaus (2009)

fletrissureEn Allemagne, Oliver Von Bodenstein a la chance de diriger une cellule de Kripo (police criminelle) réduite à cinq agents. Certains d'entre eux ont leurs propres problèmes mais ils fonctionnent fort bien. Or une série de meurtres visant des personnes âgées plutôt riches, et dont les liens amicaux sont vite mis en évidence ne va pas être simple à résoudre : que signifie le "16145" écrit auprès de chacun des cadavres ? la désignation de Robert Watkowiak, fils naturel d'Eugen Kaltensee, quand la maîtresse du premier est également assassinée, semble trop simple... Surtout quand on découvre que David Goldenstein, le premier mort, porte le tatouage de son groupe sanguin, en caractères gothiques, ce qui en fait un nazi de la première heure...


Un roman policier d'excellente facture, qui m'a tenue en haleine des jours durant, et dont je me promets bien de lire d'autres tomes (je devine à certains signes non élucidés des vies personnelles des policiers qu'il s'agit d'une série), ce qui me rend bien banale, car les lecteurs allemands plébiscitent Nele Neuhaus depuis fort longtemps.

17 août 2016

L'Histoire de France pour les Nuls - IV 1789-1815

revfrancaisepar Jean-Joseph JULAUD

J'espérais une vraie séance de rattrapage avec cet audio-book dans une collection qui, assez souvent, tient ses promesses ; ma scolarité m'ayant frustrée entre une chronologie à apprendre (ne nous plaignons pas, les élèves d'aujourd'hui n'ont même pas cette chance) et les noms de factions que je n'ai pas comprises : les Girondins, les Montagnards...

En réalité, le format d'audio-book aboutit (erreur technique ?) à une "bibliothèque" en désordre où l'on passe de la mort de Murat (et non pas de Marat) à la fuite de Varennes. Les allers-et-retours entre la République et l'Empire m'ont donné le mal de mer et n'ont pas vraiment aidé.

Du coup, prenez sous toutes réserves mon impression, à savoir qu'une sorte de recueil de schémas parmi les plus connus de la Révolution française, rempli d'images d'Epinal, avec une compassion obligatoire pour la famille royale et une peinture de brutes ignobles (dans le meilleur des cas, attendries) du côté révolutionnaire, des trognes d'ambitieux et de fous, prolongés par une étude complaisante de Napoléon. C'est vraiment dans l'ensemble la Révolution narrée par Paris-Match, à l'exception de quelques passages plus techniques (j'ai mieux compris l'affaire des "assignats", des prêtres réfractaires ou non).

Mais les causes des événements narrés sont seulement esquissées et cela manque un peu de profondeur ; mais le propos de Jean-Joseph Julaud est de vulgariser, pas d'écrire un essai historique. A ce sujet, j'ai découvert qu'il était déjà dans ma pàl : "Manuel de Poésithérapie" !

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16 août 2016

_Le Message_ d'Andrée CHEDID (2000)

 

messagePrix Louis-Guilloux 2001.

Dans un pays en guerre difficilement identifiable, Marie, qui vit une histoire d'amour sincère et tumultueuse avec Stéphane, se hâte vers un pont, lieu de leur rendez-vous pour une réconciliation. Hélas, elle est touchée dans le dos par un tireur embusqué ; elle chancelle, trouve de la force pour avancer encore : si jamais elle ne parvient pas au rendez-vous, Stéphane a écrit dans la lettre qu'il considérera qu'elle renonce à leur histoire.
Blessée à mort, elle comprend bien vite qu'elle ne pourra transmettre elle-même le message d'amour qu'elle porte... sur sa route, qui pourra l'aider ?


Un assez bref récit, haletant, où le suspense est interminablement filé, d'étapes en étapes, pour savoir si le message d'amour triomphera ou si la tragédie de la guerre gagnera sur toute la ligne. La réponse est extrêmement mitigée ; il m'a semblé que la réponse était qu'on risque toujours quelque chose à se mettre à découvert, mais que ça en vaut la peine...
Le style est parfait.

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12 août 2016

_Monsieur l'écrivain_ de Joachim Zelter (2013)

mlecrivainLe narrateur est un écrivain jouissant en Allemagne, d'un prestige modeste, mais certain, au point d'attirer l'attention, la déférence, l'assiduité d'un certain Selim Hacopian, né en Ouzbékistan, piètre agent bibliothécaire, qui a été acteur, coiffeur, consul, cuisinier, dompteur d'éléphants, etc. dans des pays très divers.

Ce que craignait le narrateur finit par se produire, après des jours et des semaines de poursuites et d'assiduité, qui commencent sérieusement à le retarder dans son travail, Selim lui donne quelques feuilles à lire et à apprécier. C'est écrit dans un allemand tellement catastrophique, c'est tellement incompréhensible qu'une correction - dont le sollicité n'a pourtant pas le temps et qui ne fera jamais du solliciteur un écrivain publié - s'impose. S'impose au fil du temps, au détriment du travail du "vrai" écrivain littéralement phagocyté par son courtisan...


Un récit satirique qui frise l'apologue, mais qui n'est pas assez codé pour mériter ce temps. Ce qui est mis en scène, c'est la déroute de Proust qui pense que l'écrivain doit s'effacer devant ce qu'il écrit aux yeux du lecteur à l'époque où l'éditeur mise tout, au contraire, sur la vie de l'écrivain. Certains renonçaient à "vivre" pour écrire, maintenant, c'est votre vie qui compte pour faire prendre en considération ce que vous écrivez.

Le récit est suivi d'un essai publié dans ]trashpool n°1, qui fait prendre conscience que nous avons vu l'illustration souriante de ce constat assez amer... pour qui a du talent. Et Joachim Zelter n'en manque vraiment pas.

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07 août 2016

_Moderato Cantabile_ de Marguerite Duras (1958)

 

moderato-cantabileJ'ai lu en diagonale ce roman en 1988, au point que j'avais gardé le souvenir d'une... pièce !... Je ne classe donc pas Moderato Cantabile parmi mes relectures !

Une bourgeoise paumée emmène son fils à ses cours de piano ; c'est à la fois important et dérisoire pour elle. L'enfant perçoit son hésitation et se résigne un peu à être une sorte d'accessoire qu'on promène. Or après une leçon, on trouve une femme assassinée dans la rue, devant un bistrot, et son amant, qui l'a assassinée, prostré sur son corps. Voilà notre Bovary bouleversée. Elle entre dans le bistrot rempli d'ouvriers pour se réconforter d'une boisson ; là, un dialogue s'ouvre avec l'un d'eux. A grands renforts de verres de vin, ils tâchent d'imaginer ensemble ce qui a pu amener cet homme amoureux à tuer cette femme, non pas par causalité, mais par état d'esprit... Ils se revoient et petit à petit, on ne sait plus, ils ne savent plus s'il parlent encore des sentiments du couple tragique ou des leurs.

Leurs entrevues avinées commencent à être notables, le scandale couve...


C'est une lecture un peu déroutante, mais intéressante. Je ne regrette pas d'y être revenue. Je ne suis cependant pas étonnée d'avoir gardé (à tort) le souvenir d'une pièce : l'adaptation théâtrale de ce roman serait d'une facilité enfantine.

 Citations :

  • Quand vous vous penchez, cette fleur frôle le contour extérieur de vos seins. Vous l'avez négligemment épinglée, trop haut. C'est une fleur énorme, vous l'avez choisie au hasard, trop grande pour vous. Ses pétales sont encore durs, elle a justement atteint la nuit dernière sa pleine floraison.

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