08 octobre 2009
Une pétition pour le sommet de Copenhague
Série "Lost" avant-dernière saison (2009)
Le dernier épisode de l'avant-dernière saison vient de s'achever en France.
Je fais exceptionnellement un billet sur une série, car celle-ci joue un rôle particulier dans ma vie. Je n'aime pas tellement les séries-cultes, mais Lost fait vraiment partie des exceptions !
Bien souvent, les scénarios (j'assume cette orthographe) donnent l'impression d'être un peu écrits au fil de la plume, au gré des castings et de la nouvelle bonne fortune du producteur ou de l'acteur qui "prend le melon" et demande une augmentation qu'on ne veut pas lui accorder. Lost est vraiment (l'est-elle vraiment ?) écrite dès le début.
Comme dans un bon polar, des mystères qui perdureront plusieurs années sont dès le début avancés et protégés, sans possibilité d'éventer et même si les scénaristes font de la voltige avec des indices.
Au début de cette avant-dernière saison, j'avais commencé à désespérer un peu d'y comprendre quoi que ce soit. Il me semblait que le mieux était l'ennemi du bien, et qu'à faire trop opaque, mon faible entendement était perdu. Je me résignais à regarder sans comprendre. C'était une nouvelle feinte !
Ca y est, Jacob, on commence à comprendre (mais on ne sait pas tout !)
L'avion qui tombe, on comprend un peu pourquoi.
Le projet Dharma, ça y est, il s'explique un peu.
Et voilà que tout s'interrompt, sur une explosion atomique.
On n'a pas toutes les réponses.
Un nouveau problème s'annonce : si l'avion n'est pas tombé, où allons-nous tous les retrouver l'an prochain et dans quel état ?
Et si rien n'est arrivé, comment nous expliquera-t-on "le reste" ?
Quel suspense...
03 octobre 2009
"Shining", de Stanley Kubrick (1980)
Jack Torrance vient de trouver un travail compatible avec le labeur solitaire et de longue haleine d'un écrivain : gardien d'un hôtel désert pendant la morte saison d'hiver. Il y emménagera avec sa femme et son fils Danny, qui a des dons de double vue. On le met en garde : quelques années auparavant, un gardien peut-être mû par un syndrome de l'enfermement a massacré sa famille. Il en rit et persiste.
MON AVIS
J'avais toujours évité de voir ce film. Je suis quelqu'un d'impressionnable et qui apprécie peu d'être marquée par la sensation de peur, surtout pour des motifs que je perçois comme irrationnels. La grimace démoniaque sur l'affiche me faisait trop penser à certaines scènes d'"Amityville" qui m'avaient valu deux heures et demie de lecture après le film pour commencer à me détendre et à trouver le sommeil.
Je le regrette aujourd'hui. C'est plus qu'un film qui joue sur des ficelles habituelles : musique vocale planante et suraiguë, enfants blonds hallucinés, maison-piège, chocs émotifs... En réalité, après en avoir vu beaucoup, j'ai réussi à étiqueter ces effets et à les ridiculiser, bien que persiste une tension nerveuse.
Kubrick réussit à utiliser ces codes d'une façon inhabituelle et nous faire peur tant que dure le film, mais pas au-delà.
Ce qui est amusant pour quelqu'un qui a vu d'autres films, c'est de constater à quel point d'autres cinéastes ont repris certains effets ("Jurassik Park", Spielberg, la scène de la cuisine, "Harry, un ami qui vous veut du bien" de Dominik Moll, le plan aérien de la voiture serpentant dans une forêt) à la limite du clin d'œil appuyé.
Le jeu avec le mot "murder" m'a fait un peu penser à "Soupçons" d'Alfred Hitchcock.
01 octobre 2009
"Le Village", M. Night Shayamalan (2004)
Un thriller dans la petite maison dans la prairie.
En l'occurrence, ça se passe dans une grande clairière. Des créatures venues des bois encerclent un petit village et interdisent la moindre intrusion dans leurs bois ; dans le cas contraire, elles surviennent et parsèment dans le village, en signe d'avertissement, des animaux écorchés.
Des jeunes gens pensent à bien autre chose, à l'amour notamment. Mais quand Lucius (Joaquin Phoenix, l'empereur Commode de "Gladiator") est blessé par un "rival", simple d'esprit, jaloux, Ivy (Bryce Dallas Howard) ne pourra faire moins que de reprendre l'idée du premier : il faut sortir du Village et aller à la ville, pour chercher des médicaments.
MON AVIS
Un très beau film, à l'esthétique de conte de fées, dont on devine un peu la fin, mais pas dans toute son étendue, ce qui ménage un formidable suspense tout de même.
C'est une formidable satire des sociétés closes et paranoïaques, des quartiers résidentiels aux milices privées des U.S.A.
30 juillet 2009
"Malcolm X" de Spike Lee (1993)
C'est une biographie sans concession, à peine hagiographique, du grand leader de Nation of Islam. Chute et rédemption du rejeton d'un groupe ethnique humilié, qui se cherche une raison de s'estimer et qui la trouve dans la religion, après un passage houleux à travers les petits trafics, les aventures avec la femme blanche, la manipulation de type sectaire.
MON AVIS
Spike Lee a beau être engagé, l'amour et l'ardeur ne l'aveuglent pas. Malcolm X a beau être d'une pureté qui pourrait tenter l'hagiographe, le cinéaste souligne qu'on peut être parfois d'une naïveté coupable.
L'émotion gagne au fil des images. La beauté des chants musulmans associés à des prières a quelque chose de galvanisant.
29 juillet 2009
"Monty Python - Le Sens de la vie", de Terry GILLIAM et Terry JONES (1983)
Des sketches avec transition explorent "le sens de la vie", le mystère de la naissance, de l'éducation, de la sexualité, de la mort...
MON AVIS
Du délire, du mauvais goût, des idées loufoques complètement hilarantes, on ne sait plus où donner du jugement.
Ma séquence préférée est celle du père catholique qui est dans la misère pour respecter à la règle l'interdiction de l'Eglise de la contraception. A voir !
28 juillet 2009
"Sale Môme", de Jon TURTELTAUB (2001)
Russ Duritz (Bruce Willis) est un conseiller en image aigri, indifférent et froid, sans empathie pour personne. Il est agité de tics et a des visions : d'abord un avion, puis un enfant...
Il prend rapidement rendez-vous avec un psy, mais c'est un dialogue avec son hallucination qui va lui donner une partie de la clé de l'énigme...
MON AVIS
Du Walt Disney bien lénifiant, idéal pour une sortie-ciné avec papa, surtout si papa a des regrets de ses mauvais choix. La leçon du film est qu'il n'est jamais trop tard pour réfléchir et "se reconstruire" (je commence à haïr ce mot, galvaudé et resucé). Des petits moments fantastiques et finalement merveilleux.
Rusty (Spencer Breslin) est un enfant vraiment adorable ; à noter un petit refrain de size acceptance nuancé (c'est bête et grossier de tancer les gros mais c'est quand même mieux s'ils font du sport) qui n'est pas aussi lourdement asséné que dans ma parenthèse.
25 juillet 2009
"Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé", de David YATES (2009)
Pour ceux qui, par principe ou par goût, auraient boudé l'opus littéraire de J.K Rowling, voici de quoi il s'agit : nouvelle rentrée des classes sous le signe d'une réactivation du plus grand mage noir de tous les temps (beaucoup moins présent à l'image) et surtout de ses séides, les Mange-Morts, Bellatrix (Helena Bonham Carter, sublime dans quelque rôle que ce soit) et Drago Malefoy (Tom Felton, extrêmement soigné par le chef opérateur, sans doute à suivre dans un autre film), finalement initié, en tête de ceux-ci.
En face, Harry Potter (Daniel Radcliffe), entré dans la phase apaisée de l'adolescence, et ses amis, bien décidés à ne pas laisser Lord Voldemort gouverner le monde des sorciers. Or Dumbledore en qui Harry a mis toute sa confiance en tant que chef de la résistance fait beaucoup de mystères...
Voilà que, sur son ordre, Harry va devoir devenir l'élève du nouveau professeur des potions, Slughorn, et même avoir des relations extrascolaires avec, alors que ce n'est certainement pas par ses talents dans cet art qu'il parviendrait à l'intéresser. Or il trouve dans l'armoire un manuel de cours annoté de la main d'un mystérieux "Prince de Sang-Mêlé" qui se révèle un adjuvant le propulsant en tête de classe...
MON AVIS
De même que les jeunes acteurs ont grandi, le film quitte le rythme et les tics du film pour enfant. Certes, il y a une continuité esthétique en constrastes orangés / vert-bleu, mais avec des décors tourmentés arrachés aux tournages de Tim Burton (avec Helena Bonham Carter en fil directeur) et une caméra séduite qui flatte en mode portrait les principaux protagonistes et les suit comme dans une oeuvre urban gothic, on a réellement l'impression d'un film "normal". Les enfants présents dans la salle ne s'y sont pas trompés, qui se sont mis à s'agiter et s'ennuyer bruyamment. Leur attention a été reprise par les matches de Quidditch, qui n'ont jamais encore été aussi bien filmés et donnent envie de faire partie de l'équipe.
Le film en lui-même a un charme indéniable, les photos sont superbes, mais décevra sûrement ceux qui tiennent à voir en image le récit exact qui leur a plu : ils devront se résigner à voir presque un autre film, avec plusieurs centaines de pages passées à la trappe et des personnages falots dans le livre prenant une importance plus grande à l'écran.
01 juillet 2009
"Mon frère est fils unique", de Daniele LUCHETTI (2007)
"Accio" (Elio Germano) est un jeune homme sensible et intelligent, qui entre avec sincérité au séminaire pour devenir prêtre. Épris d'absolu, il trouve logique de quitter le séminaire dans il se voit troublé par la photographie d'une belle actrice que son frère (Riccardo Scarmacio) lui donne. Mais sa famille se comporte avec un mélange d'indifférence et de direction à son égard : s'il quitte le séminaire, ce n'est pas pour autant qu'il pourra suivre les études de lettres dont il rêve, il devra être géomètre.
C'est alors qu'il choisit, contre la tradition familiale, communiste, portée fièrement et loin par son frère aîné militant, d'entrer au MSI, parti néo-fasciste italien...
MON AVIS
On comprend comment sur une nature sensible et pure une idéologie nauséabonde va pouvoir pondre fructueusement, comment les plus beaux idéaux peuvent paraître injustes et corrompus à travers l'image donnée par
ses militants... On comprend aussi l'ambigüité des personnages, notamment celle du frère aîné d'Accio à la fois cruel et généreux, bon et calculateur... J'ai été aussi très intéressée par la radioscopie d'une partie de l'Histoire italienne que je connais mal, ou par flashes, celle des luttes entre la démocratie et les extrémismes, notamment celui des Brigades Rouges...
Seule déception : je n'ai toujours pas compris le titre. Qui parle de son frère ?
25 avril 2009
"OSS117 - Rio ne répond plus" de Michel HAZANAVICIUS (2009)
1967. Mission à Rio pour OSS 117, renommé Noël Flantier, à sa grande consternation : contre 50.000 NF, récupérer un micro-film auprès d'un néo-nazi nommé Von (Zimmel ?). Sur place, OSS 117 se voit proposer une collaboration avec le Mossad qui aimerait voir jugé ce criminel de guerre. Dolorès, colonel de l'armée israélienne, s'enchante de collaborer avec le légendaire OSS 117 mais ne met pas plus de deux minutes à déchanter : son héros tient des propos antisémites, sexistes, xénophobes, voire gaulois, avec une candeur même pas désarmante : stupide.
MON AVIS
Mon avis sera assez embarrassé. Il est clair que ce n'est pas du tout un chef d'oeuvre mais cette option n'est pas nécessaire à mes yeux. Le problème, c'est justement ce discours antisémite, xénophobe, raciste, sexiste, bien entendu au deuxième degré (je ne suis pas rigidifiée dans mon politiquement correct au point de ne pas l'avoir senti !) et heureusement condamné par les personnages secondaires, clairement atterrés par OSS 117.
Il n'y a donc d'ambiguïté qu'au début du film, où j'ai parfois eu, en l'absence d'une deuxième voix, l'impression de voir une sorte de Tintin au Congo. Ce qui m'embête dans cette sorte de 2ème degré, c'est justement que même les antisémites, racistes, sexistes, pourront rire. Mais, après tout, une tentative de sortie du politiquement correct, ébouriffant au passage l'icône De Gaulle, la collaboration blanchie et le pouvoir personnel, pourquoi pas ? En 2009, c'est même une mesure de salubrité.
Si je reviens au reste du film, malgré les prouesses photographiques du film de genre (prises de vue acrobatiques de la nature et des monuments, multiplicité des lieux, situations décalées) et la multiplicité louable des parodies, j'ai trouvé l'ensemble lourdement tissé. Il y a de la complaisance, notamment la scène de la partouze sur la plage, qui va faire rater au film l'accès au statut de divertissement familial.
En somme, Alexandre Dujardin a beau jouer juste, être tour à tour lourd, séduisant, infect, attendrissant, ridicule, et ses comparses attirer la sympathie que le héros perd, le film fait regretter le montage de L'Homme de Rio.
A cause de cet embarras, j'aime mieux mettre les interviews que la bande-annonce, qui ne dit pas grand-chose, elle.









