Mots et Images

18 septembre 2022

Le Ciel pour conquête, de Yudori (2022)

Yudori, autrice coréenne, publie aux éditions Delcourt un manga aux allures d'album, un objet-livre somptueux, y compris - ce qui fait que je préfère souvent les bandes-dessinées aux mangas - dans les pages intérieures, dépourvues de couleur. Un défaut qui m'a parfois été reproché, c'est le fait que je m'intéresse souvent beaucoup plus aux textes des bandes-dessinées qu'aux dessins ; ici, je ne crois pas l'avoir eu. En effet, l'irrégularité des dimensions des cases, les diagonales, les lignes, les horizontales célestes, tout m'a... [Lire la suite]

17 septembre 2022

Il faut une révolution politique, poétique et philosophique, entretien par Carole Guilbaud (avec) Aurélien Barrau (2022)

Le petit opuscule des éditions Zulma avec ses différences nuances de vert et le nom d'Aurélien Barrau, qui ne s'était pas encore distingué par son anti-greenwashing explosif à l'Université d'été du MEDEF, m'a attirée mais j'ai mis très longtemps à le finir : il est tellement dense qu'il m'est arrivé de le lire plusieurs fois, revenant même parfois en arrière, malgré la conscience d'avoir déjà lu ces pages, car il me pénétrait chaque fois de manière plus claire. Vers le début de l'entretien, d'ailleurs, Aurélien Barrau, qui fait face à... [Lire la suite]
14 septembre 2022

Cher Connard, de Virginie Despentes (2022)

Never judge a book by its cover. Et maintenant, il va falloir faire fi des critiques. Le titre outrancier - Baise-moi ne les avait pas préparés, sans doute - semble avoir suffi à certains, l'autrice féministe à succès sans doute aussi, pour décider que le livre entier était intolérable aux bons becs de la littérature. C'est dommage, car c'est, selon moi, tout le contraire. Certes, les trois personnages dont on a les messages (courriels et billets de blog font le nouveau roman épistolaire) sont haut-en-couleur, un écrivain alcoolique... [Lire la suite]
07 septembre 2022

Haroun et la Mer des histoires, de Salman Rushdie (1990)

Haroun vit dans un pays triste mais Rachid, son père conteur, abonné à la source de la Mer des Histoires, éloquent, sait charmer et faire s'évader ses ouailles. Malheureusement, quand sa mère se laisse séduire par un homme qui méprise Rachid, ce dernier perd cette éloquence et son inspiration. Haroun commence alors un voyage merveilleux destiné à retrouver la source bouchée par des êtres malfaisants, ennemis de la parole et de l'imagination. Nous avons affaire à un conte pour enfant, destiné au fils de Salman Rushdie, troublé par... [Lire la suite]
03 septembre 2022

Amants super héroïques, de Paolo Genovese (2022)

Titre original : Supereroi Synopsis d'AlloCiné (car j'ai peu de temps), à peine modifié : L’histoire d’un couple : Anna (Jasmine Trinca), une dessinatrice à la personnalité impulsive et anticonformiste, et Marco (Alessandro Borghi), un professeur de physique convaincu que tout est régi par une formule mathématique. Une comédie sentimentale sur les couples et l’effet du temps qui passe sur leurs relations, posant une question simple mais profonde : quels superpouvoirs faut-il avoir pour s’aimer toute une vie ?  On assiste... [Lire la suite]
27 août 2022

Onysos le furieux, de Laurent Gaudé (2000)

Onysos, c'est Dionysos, - vous le pressentiez - et "le furieux", c'est dans le sens plus ancien et plus méditerranéen de "fou". Question philologique : pourquoi Gaudé a-t-il ôté le morphème Di (présent dans la déclinaison grecque de Zeus, portant le sens à la fois de "divinité" et de "lumière", de "jour") ? Son personnage, qui parle à la première personne, se présente pourtant à son interlocuteur et aux spectateurs comme un dieu. Mais dans ce qu'il choisit de nous conter, sur les quais d'un métro new-yorkais, on trouve peu de... [Lire la suite]

26 août 2022

L'Affaire Calas, de Voltaire (1762)

Connaissant assez bien la question, et ayant déjà lu des extraits de l'oeuvre, je ne me dispensai pas de la lecture préalable de la préface, contrairement à mon habitude. En effet, quand on ignore tout d'une oeuvre, on passe immanquablement par une série de divulgâcheries et de propos s'appuyant sur des pré-requis que l'on n'a pas tout d'abord, qui mériteraient d'être mis en postface, dont je préfère me passer. Et je n'ai pas regretté d'avoir fait exception à ma règle mais la déception fut rude. Déchoyant de la position de... [Lire la suite]
23 août 2022

D'autres vies que la mienne, d'Emmanuel Carrère

C'est un "ouvrage de commande" ; à travers les récits de vie de parents qui ont perdu leur petite fille en Thaïlande au moment du tsunami - et pas l'auteur ; d'une épouse qui perd sa soeur cancéreuse - et pas l'auteur ; d'un homme qui a fait l'expérience de la première nuit à l'hôpital, de la récidive d'un cancer - et pas l'auteur, ce dernier nous fait d'abord vivre ces expériences, mais ressentir également la difficulté à se positionner moralement, entre soulagement de ne pas les vivre et sympathie. Ainsi constatons-nous que parler... [Lire la suite]
20 août 2022

Animal, de Cyril Dion (2021)

Attention, cette note de visionnage contient des divulgâcheries. Vipulan, Marly-le-Roi et Bella, Royaume-Uni, ont été réunis par Cyril Dion pour ce documentaire sur l'animal et l'être vivant, et la 6ème extinction de masse dont les pouvoirs publics ont l'air de se fiche complètement (il n'y a qu'à voir ce qui se passe en France) qui est en réalité une problématique qui touche à notre survie. Les deux adolescents de seize ans l'ont bien déjà compris, puisqu'on les voit militer dans leur pays contre le réchauffement climatique, Bella... [Lire la suite]
18 août 2022

Pier Paolo Pasolini, de Virginie Despentes (2017)

Je suis tombée sur ce lien qui m'a fait faire une entorse à mon choix de surtout rapporter ici les spectacles que je suis allée voir en personne, d'autant qu'il s'agissait d'une lecture publique de Virginie Despentes et de Béatrice Dalle d'un texte et qu'il n'y avait pas grand'chose à dire en dehors de la mise en scène et des volumes. La magie des voix, avec une mention particulière pour Béatrice Dalle, parvient à me faire surmonter la perplexité que j'ai ressentie devant le choix de la musique (groupe Zëro), surtout au début, qui ne... [Lire la suite]