bernard-quiriny-une-collection-tres-particuliereVoilà un livre qui m'est arrivé en bookray de Suisse, et qui va nourrir mon Challenge ABC 2016 !

Dans ce recueil de nouvelles, on passe d'une catégorie (Villes, Collection particulière, etc.) à une autre, en suivant une numérotation. Avec un narrateur pas toujours très facile à identifier comme l'auteur, nous suivons Gould, un collectionneur de livres, mais d'autres choses aussi, dans des particularités intéressant les amoureux des récits, les bibliophiles, ceux qui rêvent sur des lieux à la fois ordinaires et étranges... Le livre est considéré à la fois en tant que contenu évanescent et comme objet ; je crois bien que les villes aussi.


Dans un monde marqué par Dino Buzzati et l'Oulipo, je me suis bien amusée, malgré la période chargée où j'ai glissé les chapitres un par un, et cette lecture fractionnée a probablement amoindri ma perception de la cohésion de l'ouvrage dans son intégralité. La plupart des récits sont "à chute", ce qui est ma conception, un peu trop rigide, je le reconnais, de la nouvelle.

Citations :

  • En secret, c'était un traditionaliste fervent, qui vénérait le Roi et se méfiait des Lumières. mais il croyait sottement que le meilleur moyen de faire échouer la Révolution était d'encourager ses excès. Il coopérait donc avec Zèle à la fureur des sans-culottes, donnant aux nouveaux maîtres de la France l'illusion d'un vrai patriote.
  • Mais à présent, je me demande si revisiter Funès-City est une bonne idée. Avoir des souvenirs indestructibles : pour quoi faire, après tout ? That is the question. Je pourrais peut-être emporter quelques beaux livres, des classiques, des romans que j'aime, pour les savoir par coeur. Je les réciterais ensuite sur demande, je les connaîtrais mieux que personne. (...) Je pourrais aussi partir en couple, m'adonner à toutes les cabrioles et enregistrer dans ma mémoire des scènes sexuelles d'une grande précision qui satureraient mon imaginaire érotique, pour meubler mes vieux jours...
  • - Au début, j'ai voulu les enterrer. Je me suis renseigné sur les prix des concessions funéraires. Et puis je me suis dit que ces livres eux-mêmes étaient finalement des tombes tout à fait acceptables. Finir dans un livre, c'est une belle mort, non ?
    Il sourit puis lève les sourcils, l'air méfiant.
    - Mais je les surveille tout de même. Je ne sais pas pourquoi, j'ai le pressentiment qu'ils vont me jouer un sale tour. parfois, je rêve qu'ils régurgitent leurs auteurs. Trois cadavres sur le plancher ! Je ne suis pas sûr que les gendarmes croiraient à mon histoire.