blackkklandsmanRon Stallworth (John David Washington) a toujours rêvé d'être policier. Voyant une annonce qui encourageait les "minorités à postuler", il saute le pas et se retrouve premier afro-américain engagé dans la police en 1978 en Caroline du Sud à Colorado Springs. Il se bat pour quitter les archives et intégrer une cellule d'investigation.

Une annonce attire son attention : le Klu Klux Klan recrute de nouveaux membres. Il postule par téléphone (à la grande stupeur de ses collègues qui l'entendent) et oublie de changer son nom. Il ne peut d'ailleurs pas changer sa peau. C'est donc un de ses collègues, qui, pour être blanc n'est pas pour autant Anglo-Saxon-Protestant, Flip Zimmerman qui va s'inscrire sous son identité...


 La trame narrative est tirée d'une autobiographie de Stallworth, publiée en 2014. Spike Lee joue sur les genres et égare un temps le spectateur en direction de Police Academy et L'arme fatale. On s'attache à Flip (Adam Driver, formidable) aux nerfs d'acier, qui avoue, à un moment et à un seul, que les insultes antisémites répétées commencent à lui poser question ; puis à des personnes parfois secondaires dont on capte la complexité : Spike Lee sait faire sentir chez le moindre des personnages-fantoches une problématique très humaine et, ce faisant, fait oeuvre réaliste au plus haut point.

On sent que depuis "Malcolm X", du chemin a été fait, si les concessions, heureusement, n'y sont pas. Malgré la mise en parallèle des cris "White Power" et "Black Power", on n'est pas invité à renvoyer dos à dos les deux groupes Klu Klux Klan et Black Panthers (même si ce dernier n'a pas évité l'écueil du racisme de réaction) : on voit bien que ce qu'a subi la minorité afro-américaine est sans commune mesure avec les conséquences ni avec la fréquence du racisme anti-blanc.

D'ailleurs, les dernières images, qui ont déclenché un silence très lourd dans la salle et l'envie d'inviter tout le monde à aller le voir, est bien une signature de ce réalisateur.

Bande-Annonce.