solutions_locales_pour_un_desordre_globalLA TENEUR

Le synopsis du film le vend comme un remède à la sinistrose engendrée par les constats nombreux, répétés, et la prise de conscience atroce, ainsi résumée par un ingénieur agronome : "Un jour, avant de manger, nous ne nous souhaiterons plus bon appétit, mais bonne chance." (les animaux qui ont mangé des OGM en Amérique du Sud sont morts...)

Il sacrifie sur le thème de la dénonciation : ce qui est très frappant, c'est la vue d'une terre excessivement labourée et arrosée d'insecticides et de pesticides : elle est compacte, "morte", sans micro-organismes destinés à l'aérer, à apporter de l'oxygène aux racines, délavée, et ne sera nutritive qu'à l'aide d'engrais chimiques. Un beau cercle vicieux.

Comme promis, nous découvrons qu'une contre-révolution verte (qui a raison, elle, de porter cet épithète) est en marche. En Inde, au Brésil, en France, en Afrique, les agriculteurs, dont on nous dénonce que deux se suicident à chaque heure, ont décidé de refuser de s'endetter pour acheter des semences hybrides ou OGM hors de prix, des fertilisants artificiels, des pesticides et autres insecticides qui les rendent malades en détruisant la nature. L'un d'eux a découvert qu'en décidant de revenir aux méthodes ancestrales, non seulement il avait rééquilibré ses comptes, nourri sa famille, mais qu'il n'avait pas perdu en rendement.


MON AVIS

J'ai appris deux choses que j'ignorais (car, à force, je finis quand même par en connaître un rayon...) :

  • l'agriculture biologique n'est pas moins apte à nourrir un monde surpeuplé que l'agriculture intensive ;

  • la terre vivante ressemble à de la semoule et elle doit grouiller de "bêtes" pour garantir sa fécondité.

Le premier travail doit être de rendre à la terre ce qu'on lui prend, sous forme de déchets organiques, d'excréments, de la laisser vivre, ne pas la labourer, laisser le paillage naturel pour garder l'eau, arrêter de trafiquer les gènes (l'ancien maïs survit mieux à la sécheresse que l'hybride : pourquoi créer un OGM là où il suffit de retourner à l'ancienne semence ?), et arrêter de vendre le vivant : les graines se gardent et se donnent, comme la vie.

C'est à voir pour se rebooster, savoir comment contre-attaquer. Et il est urgent de le faire. Savoir que Paris, par exemple, n'a que trois jours d'autonomie alimentaire devrait quand même faire réagir : si les transports provenant d'Espagne sont interrompus, comment fera Paris pour manger ?

J'ai adoré les interventions hautes en couleur et diablement intelligentes des ingénieurs agronomes interviewés par Coline Serreau. J'ai été en revanche un peu mal à l'aise devant ces attaques misandres, tendant à rapprocher une pseudo-violence masculine des violences faites à la Terre-Femme, Terre-Mère... J'ai trouvé ça un peu tiré par les cheveux, un peu démagogue, dans la mesure où presque tous les militants écologistes que j'ai rencontrés étaient des hommes et que je n'ai pas du tout l'impression que le grand Autrefois chéri où l'on cultivait bio était plus idyllique pour les femmes. Mais bon, pourquoi pas.

Bande-annonce.