dyskolosSostrate a aperçu une jeune fille près du sanctuaire de Pan et il en est aussitôt tombé amoureux. Hélas, elle est la fille du Bourru, d'un misanthrope, coléreux, qui ne déteste rien tant que d'avoir affaire à l'un de ses semblables. S'approcher de lui pour plaider sa cause est pratiquement impossible. Heureusement, aidé par Gétas, l'esclave débrouillard de Gorgias, le beau-fils du Bourru, et par Pan qui provoque un accident, Sostrate va pouvoir obtenir la main de la jeune fille...


Ménandre ne m'a longtemps été connu que par ses fragments, des aphorismes ou des maximes tirées de ses comédies, pratiquement perdues et dont les auteurs ultérieurs citaient des extraits dont nous ignorions le contexte. Voilà qu'on a retrouve dans un cahier d'écolier du IIIème siècle une comédie presque intacte ! Alléchée, je me suis précipitée. Les scènes de colère du Bourru sont absolument hilarantes, le personnage de Sostrate me paraît très réussi : c'est l'homme complaisant, mais dans un juste milieu, généreux et prêt à partager sa condition avec de plus pauvres (Ménandre appuie la ligne politique de Démétrios de Phalère qui gouvernait Athènes en ce temps-là et voulait promouvoir mariages mixtes et classe moyenne), sans réticence.

La traduction de Marie-Paule Loicq-Berger est particulièrement savoureuse.

J'ai juste été parfois perdue par l'irruption de personnages secondaires peu caractérisés (esclaves, cuisinier, etc.) dont je comprenais mal le rôle et les intentions. Je pense qu'il y avait tout un jeu de scène implicite, des indications que le texte ne donne pas... à moins que les rares lacunes du texte contiennent des informations qu'il aurait fallu avoir ?...