valmontDéjà vu lors de sa sortie. Revu lors d'une rétrospective, une copie restaurée inédite, quelques jours avant la mort du réalisateur.

Les avis sont partagés sur cette adaptation cinématographiques des Liaisons dangereuses, sortie presque en même temps que la célèbre adaptation de Stephen Frears. Cet automne, j'en avais parlé à quelqu'un qui m'a coupée avec horreur en me disant qu'il la détestait cordialement. Je me souvenais l'avoir aimée, quoi qu'avoir été définitivement confuse sur l'argument du roman ; il était temps que je la revoie, presque vingt ans après.

Je pense la même chose : les acteurs sont frais, plein de charme. Colin Firth (Valmont), Annette Bening (Mme de Merteuil), Meg Tilly (Mme de Tourvel), Fairuza Bark (Cécile) semblent naviguer à vue et on ignore ce qu'ils veulent, en réalité. Ils gravitent autour d'une vieille dame sage, pleine d'humour et bienveillante, Mme de Rosemonde (Fabia Drake) et dédramatise leurs passions et leurs conséquences.

Je n'ai toujours pas compris quelle mouche a piqué Mme de Merteuil pour agir si contrairement à son coeur et à ses intérêts ; l'orgueil, qui est la réponse évidente chez Choderlos de Laclos et chez Frears, n'est pas nette ici. De même le revirement de Valmont (l'orgueil toujours chez les deux autres) n'est pas lisible. Seule la petite Cécile de Volanges, d'une inconséquence assez drôle parfois, semble se satisfaire assez rapidement de tout ce qui lui arrive, et sa collusion avec Mme de Rosemonde, à la fin du film, tombe sous le sens.

Les décors (en France et non pas au fin fond d'un pays est-européen discount) sont somptueux, les costumes de Pistesk ont reçu l'Oscar qui leur était dû. Le film coûté cher, mais dans un tel naturel qu'il faut saluer un voyage dans le temps sans secousses...

Bande-annonce.