thunderroad"Thunder Road"... un concours de circonstances, j'ai cru que j'allais voir "The house Jack built", l'histoire d'un serial killer joué par Matt Dillon, mon choucou.
Et pas du tout... En réalité, c'est absolument génial que j'aie cru à chaque instant que le héros allait se transformer en monstre, parce que ça m'a permis de voir plus facilement qu'en réalité et par coïncidence, Cummings essayait de nous montrer quelqu'un qui, par miracle, ne bascule justement pas !

Jimmy Arnaud reçoit ses invités à l'enterrement de sa mère, ancienne danseuse et propriétaire d'une école de danse. Il est en uniforme, ne cesse de répéter "It means a lot to me" (je suis très touché) à chaque marque de sympathie, fébrile, incohérent, passant du rire aux larmes. Il confesse ses sentiments et ses rapports avec sa mère avec une sincérité qu'on atteint rarement quand elle peut être inquiétante, et soudain se met à danser pour rendre hommage à la danseuse... Quelqu'un filme.

On comprend ensuite que c'est un homme qui fait face à trop de déconvenues, de ruptures : séparé de sa femme, toxicomane, avec une fille pré-ado qui le boude et collectionne les problèmes en classe, le décès de sa mère est le coup de trop.

Or un homme sujet à des sautes d'humeur dans un métier où l'on fait face à autant de provocations et d'alarmes que celui de policier, avec des armes, en plus, c'est un danger. Cummings met en scène des explosions de larmes et de rages anormalement (dirait-on un peu vite) fréquentes mais les moments où Jimmy se tait m'ont fait beaucoup plus peur.

J'ai quitté le film avec le sentiment d'avoir compris comment se font les monstres ou les anges et comment ils ne se font pas. Mon seul bémol est l'hésitation que j'ai eue tout le long du film au sujet des objectifs du film... je n'aime pas trop ça, mais cela fait aussi partie du talent d'un réalisateur que de ne pas livrer tout, tout de suite, y compris même le genre de son fils.

Bande-annonce.

Grand Prix au Festival de Deauville.