perso-player_preview

Quand la salle où était projeté le film que vous vouliez voir ("Les Bons sentiments") est inondée, vous voilà dans une autre salle, histoire de garder le bénéfice de l'extraction inespérée de votre canapé.

Nina (Fanny Ardant) reçoit au petit matin, dans une demeure qu'elle a toujours négligé de faire classer, deux huissiers : elle doit plus de 47000€ à sa banque à laquelle elle a emprunté 800000€ pour produire un film. Elle tâche de les rassurer en arguant qu'elle est en train de produire un disque de rap avec un Bosniaque qui chantait dans le métro et qu'elle lance une ligne de bijoux en coquillages et perles en plastique, la fortune est au bout, quoi... Voilà le personnage planté.

Sur les conseils de son chanteur de rap, elle part aux Pays-Bas rencontrer un certain Emir, auquel elle doit acheter de l'herbe en gros et la revendre dix fois son prix. Apitoyée, elle embarque l'enfant errant et quasi-mutique qui était auprès de lui (Jules Rotenberg), qu'elle rebaptiste Nono. Or Rotterdam, c'est là où vit son fils Baptiste (Vianney) avec lequel elle est en froid depuis des années.


 Honnêtement, en dehors de la présence radieuse de Fanny Ardant en mère dissolue, dilettante et gentiment superficielle, et la découverte de Vianney qui fait de son mieux, je suis un peu déçue par le scénario, que je croyais plus tourné vers la comédie enlevée... et je trouve que tout cela manque de rythme. Le côté road movie aurait pourtant pu y aider. Diane Kurys, se souvenant des "Fugitifs", adjoint un enfant provisoirement aphasique au duo disparate, mais cela ne sert trop clairement à rien...

Arielle Dombasle, dans son rôle habituel d'amie friquée, jolie, sympa et festive, tire sa petite épingle du jeu.

Il y avait pourtant beaucoup de choses à démêler : la gentille fiancée néerlandaise est un peu sous-exploitée et l'on n'a aucune explication de l'animosité de la mère envers elle (non plus que du jugement physique complètement à côté de la plaque), le personnage du fils s'explique mal... mais comme dans la vie, peut-être ?

A côté de la plaque aussi, ce jugement final que Nina allait enfin être un peu aidée dans la vie, grâce au deus ex machina ménagé par Baptiste... Mais, bon sang de bois, Nina passe son temps à être aidée, tous ses plans foireux sont soutenus par des pères et mères Noël qui se pressent en foule pour la sortir de la mélasse où lesdits plans l'ont jetée ! On aime le happy end, mais pouvait-il vraiment en être autrement ?

Bande-annonce.