s-l300Ce n'est pas à un livre-anniversaire de l'élection d'Emmanuel Macron que je me suis attelée, mais à quelqu'un qui porte le même prénom que lui : le Christ.

De la prose poétique, à la manière habituelle de Christian Bobin, dont je ne cesse de relire La Plus-que-vive, et dont je savais grâce à cet opus, que le Christ était une figure importante de sa pensée et de son inspiration. De ce fait, le recueil conforte le côté mythique, élevé, étranger à ce bas-monde, du mystère de ce Dieu qui s'est fait homme... Sur le fond, je ne lis rien de très nouveau/renouvelé.

Même si je reconnais une langue belle, des images qui me parlent, j'ai le sentiment que ce style est toujours un peu celui de la spiritualité ou de l'élévation intellectuelle, cette façon, finalement, de se servir des termes les plus simples, les plus immédiats, les plus bruts, avec des phrases refusant la complexité. J'avais déjà remarqué ce qui finit par s'apparenter paradoxalement à un maniérisme chez Pierre Bonnefoy. J'aime tout de même, notamment la fin, qui est une véritable envolée et qui recèle des phrases comme : "L'homme qui marche est ce fou qui pense que l'on peut goûter à une vie si abondante qu'elle avale même la mort."

Relecture vingt ans après.

Citations :

  • Ce qu'il dit est éclair par des verbes pauvres : prenez, écoutez, venez, partez, recevez, allez. Aucune de ces paroles à demi-voilées, à demi données, dont l'obscurité permet aux maîtres d'asseoir leur maîtrise.
  • Il ne fait pas de l'indifférence une vertu. Un jour il crie, un autre jour il pleure. Il traverse tout le registre de l'humain, la grande gamme émotive, si radicalement homme qu'il touche au dieu par les racines.
  • Il parle souvent de son père. Un adulte qui parle de son père, c'est un homme qui réchauffe une ombre. Lui, c'est différent. On dirait, comme il en parle, que son père n'est pas dans le passé mais dans l'avenir.