1151557588 Philippe Claudel fait le récit beau et prenant de trois destins croisés de jeunes femmes, et même quatre, qui éclairèrent fugitivement le coeur d'hommes avant que la grisaille retombe pour toujours sur leurs âmes... Le narrateur est un policier, témoin de plusieurs faits sur lesquels le mystère ne se dissipera qu'un peu et plus tard. Les vices, les lâchetés, les compromissions des hommes y apparaissent dans la simplicité d'un discours faussement bonhomme, réellement triste et tendre, captivant. A cause du cadre de la Ière guerre mondiale, j'ai plusieurs fois pensé à Philippe Lemaître... J'ai beaucoup aimé.

J'apprends qu'il en a été tiré un film... N'allez pas voir le trailer si vous comptez lire le roman.

Citations :

  • Il se mit à hurler et une tête maladive, qui ressemblait à un navet flapi, apparut. La tête toussait toutes les trente secondes, une toux qui venait de très loin pour annoncer que les moments heureux avaient une fin, et que les corps aussi.
  • Les bonnes gens partent vite. Tout le monde les aime bien, la mort aussi. Seuls les salauds ont la peau dure. Ceux-là crèvent vieux en général, et parfois même dans leur lit. Tranquilles comme Baptiste.
  • Écrire me fait vivre à deux.
  • Ce courant, tu me disais, c'est notre vie qui passe, regarde comme elle va loin, regarde comme elle est belle, là, entre les fleurs de nénuphar, les algues aux cheveux longs, les berges de terre glaise.