81phPxT8GXLUne pièce de théâtre avec laquelle j'ai rendez-vous depuis longtemps.

Dans une toute petite ville pourvue des habituels frustrés et jaloux, souvent des femmes, dans le théâtre du XXème siècle, il paraît qu'un spectre apparaît à l'institutrice du village, il paraît que l'institutrice a de drôles de méthodes de travail, il paraît que l'institutrice a de drôles de moeurs... Bref, l'inspecteur, une sorte d'ancêtre de J.-M. Blanquer, rapplique, et il n'est pas content. Hop, on démantèle la classe - qui n'avait pas de murs-, on la flanque à la porte - il n'y en avait pas non plus... Enfin, on découvre de quoi il s'agit : l'institutrice orpheline cherche la vie chez les morts... mais est-ce possible d'en trouver là où, par définition, il n'y en a justement plus ? Une hypothèse est que le spectre est en réalité un malfaiteur qui se cache...

J'ai retrouvé les recettes stylistiques de Giraudoux, que je tolère et comprends mieux qu'à l'époque, le personnage-procédé, les petites filles diablotines reconverties en élèves ou en érinyes, selon les pièces, les sentences poétiques où il n'y a parfois rien d'autre à entendre que de la poésie... Une petite épigramme anti-germanique, c'est l'époque qui le veut, une satire antifonctionnaire facile et promise à une grande fortune. Ça se laisse lire, avec plaisir parfois, elle peut plaire à des adolescents. Ce n'est tout de même pas ma pièce préférée.

Citations :

  • Nous avons attrapé au lasso, et malheureusement privé de vie, un chien qui ressemblait étrangement à un de nos courtiers de publicité les plus en vue, mais qui a retrouvé dans la mort l'expression d'humanité et de loyauté familière à sa race. C'est peu.
  • Petites filles, jeunes filles, nous devions baisser les yeux devant les oiseaux trop colorés, les nuages trop modelés, les hommes trop hommes, tout ce qui est dans la nature un appel ou un signe. Nous sommes sorties du couvent en ne connaissant à fond qu'une part bien étroite de l'univers, la doublure intérieure de nos paupières.
  • L'INSPECTEUR - (...) Par ce chemin va venir une jeune fille...
    LE DEUXIÈME BOURREAU - Salut au seul vrai bourreau, à l'amour !
    L'INSPECTEUR - En face du bosquet, surgira aussitôt un jeune homme...
    LE PREMIER BOURREAU - Salut au seul vrai condamné, à l'amant !