lysistrataLes Athéniennes en ont assez : les hommes sont toujours partis, depuis le début de cette maudite guerre du Péloponnèse, si bien que, si l'on n'est pas veuve, on ne jouit guère de cette chance pour autant, et on tremble aussi pour ses fils. Mais dans une cité qui n'envisage la démocratie que pour les hommes, il est impossible de faire entendre son point de vue.

Aussi les femmes ont-elles une idée : elles vont commencer une grève du sexe puis s'emparer du trésor de guerre dans le sanctuaire d'Athéna, l'argent étant le nerf de la guerre... La grève s'étend aux Péloponnésiennes...


Voilà une comédie très riche en moment d'humour grivois (pas plus choquant que dans bien des comédies de boulevard parisiennes) avec des personnages féminins drôles, à la fois naïfs, roués et burlesques ; les femmes y sont montrées, ressort comique, très "portées sur la question" elles-mêmes et punies par leur propre stratagème. Comme beaucoup de comédies de cette période, les allusions à la politique contemporaine sont légion, mais le désastre de Sicile, qui a été un véritable massacre, privant Athènes de sa jeunesse et des hommes dans la force de l'âge, prédomine le sujet.

C'est un bon moment de lecture, mais j'imagine que ça doit être très intéressant à voir représenté aussi, notamment la bataille désopilante entre les demi-choeurs de vieillards et les demi-choeurs de vieillardes.

Il ne faut pas hésiter à lire les notes de bas de page, soit pour en savoir plus, soit pour prendre connaissance des amendements à la traduction proposés par la commentatrice, auxquels j'ai pratiquement toujours souscrits, car je les ai trouvés pertinents.