viaggio-sola"Je voyage seule", titre français.

Vu en VOST lors d'une "soirée italienne" (jumelage Berre-Meolo).

Irene Lorenzi (Margherita Buy) a la quarantaine, elle est "client-mystère" dans des hôtels de luxe. C'est l'employée idéale, car elle "n'a pas de vie", elle n'a pas de compagnon, ni de progéniture requérant sa présence suivie. Elle a fait d'un ex, Andrea (Stefano Accorsi), un ami fraternel et complice, et de sa soeur (Carola Signore) et de ses nièces, son "bain de famille" ; sa présence sereine tempère le rythme débordé de la vie de sa soeur, même si elle ne peut évidemment pas la seconder car elle est toujours en voyage. Pour ce qu'on peut en deviner, elle n'est pas démangée par un grand besoin d'amour, et sait se contenter d'aventures nées de ses rencontres dans les hôtels... Une remarque personnelle : pas d'amie.

Mais une série de petits incidents, liés à ses relations avec Andrea, ses nièces, sa soeur, un des clients de l'hôtel, une réflexion de son employeur, puis une grosse crise avec sa soeur, pour finir un événement qui bouleverserait n'importe qui, vont la pousser à se remettre en question. Ira-t-elle au bout de cette remise en question ? ou cette vie qui est la sienne, pour être rare, n'est-elle pas, tout bien considéré, celle qu'il lui faut ? Et a-t-elle réellement commis des fautes ? N'est-ce pas son entourage qui va mal ? Le simple fait que je pose ces dernières questions induit, je crois, ma propre interprétation. Et celle-ci me paraît originale à notre époque déféministisée (si, si).

La description de la vie d'hôtel de luxe a son propre intérêt, même si ça n'est pas le propos et que Tognazzi ne porte pas d'effort appuyé sur sa satire ; elle envoie un coup de griffe ou deux, pas plus, préférant montrer ses bons côtés (il faut dire aussi que non seulement les hôtels visités prêtent leurs locaux, mais aussi leurs noms prestigieux : on ne pouvait pas en faire des taudis !), ce qui justifie la conclusion du film.

Bande-annonce.