M02253087661-largeVernon Subutex est un ancien disquaire, balayé par la dématérialisation des supports musicaux, qui ne peut plus payer son loyer. Comme son magasin de disques était connu et reconnu, que des musiciens étaient ses amis, il va faire le tour de ses connaissances, sans annoncer clairement qu'il est à la rue, pour dégoter un coin pour dormir...

Dans un premier temps, il espère monnayer les enregistrements de conversations d'Alex Bleach, un chanteur à succès qui vient de décéder et qui intéresse beaucoup de monde, parfois pour de mauvaises raisons.

Sur cette situation, Virginie Despentes nous invite à contempler une galerie de portraits d'une vacherie satirique vraiment réjouissante, l'enchaînement de sententiae (désolée, punchline, ça sent TPMP, je ne peux pas et j'ai trop de respect pour l'auteur), tirée des titulaires, alliés, apparentés de professions du milieu du show-business et de l'écriture. Il m'est arrivé de penser au cinéma italien avec "I Mostri". Certains sont traités avec un peu plus de tendresse, Aïcha ou la mère de Xavier. L'autrice est d'une profonde sagesse pour ce qui est de sonder les coeurs et les reins, nous donne la juste mesure des péchés mignons, des lubies, de la méchanceté et de la démence en n'hésitant pas à en remettre en question la portée convenue.

J'ai parfois aussi un peu pensé à Japrisot dans cette espèce d'érotomanie féminine.

Citations :

  • La faille, dans cette théorie du karma, c'est que ça se saurait, depuis le temps, si se comporter comme un enculé était sanctionné par l'Histoire.
  • Ce n'est pas parce qu'une fille est vieille et moche qu'elle est moins chiante et exigeante qu'une bombasse de vingt ans. Ce qui caractérise les femmes, c'est qu'elles peuvent faire profil bas pendant des mois avant d'annoncer la couleur.
  • La vraie pénurie de blé s'était déclarée à l'époque, exacerbant sa tendance à l'isolement. Dîner chez quelqu'un sans avoir de quoi payer une bouteille le dissuadait d'accepter les invitations.
  • Je tombe exclusivement amoureux de femmes que je n'amuse pas plus de cinq minutes.
  • La France avait fait croire à son père que s'il embrassait sa culture universelle, elle lui ouvrirait grand les bras, comme à n'importe lequel de ses enfants. Belles promesses hypocrites, mais les Arabes diplomés sont restés les bougnoules de la République et on les a tenus, pudiquement, à l'entrée des grandes institutions. Rien n'est plus intolérable pour une fille, que de voir qu'on a trompé son père sauf, peut-être, de découvrir qu'il y a cru.
  • Et ce n'est pas Qui veut épouser mon fils ?, juste après Koh-Lanta, qui risquait de bouleverser leurs convictions sur les atavismes de la féminité. Ils en sont arrivés aux même conclusions : sur le papier, ils sont d'accord pour l'égalité des sexes. Juste, force leur est de constater que les meufs n'ont pas l'air pressées d'acquérir un peu de dignité.