colo-de-KnellerHayim est mort, et pas n'importe comment : il s'est suicidé. Après sa mort, il va dans une sorte de deuxième vie, assez semblable à la première, où il va côtoyer d'autres jeunes suicidés, des terroristes (nous sommes en Israël) des malheureux en amour, des dépressifs, etc. qui vivent en bonne intelligence. C'est un monde un peu baba cool, entre la beat generation, l'underground, les ashrams, avec des boulots, des véhicules, un chien qui parle (et qui dit n'importe quoi) et une envie, une idée derrière la tête. Hayim veut revoir Erga, à cause de qui il s'est suicidé, et dont il apprend qu'elle l'a imité un mois après, Lihi affirme qu'elle est là par erreur, overdose involontaire, Kneller veut retrouver son chien Freddy (cf. supra).

"La Colo", c'est la petite maison qu'habite Kneller et où il reçoit tous ceux qui veulent être là, on discute, on danse, on essaie de ne pas être seul.


Ce petit livre ne paie pas de mine, mais il offre à la fois de bons moments d'humour décalé, une belle évasion grâce à l'imagination de son auteur, et la certitude que c'est un livre qui recèle beaucoup plus de tiroirs que ce qu'on peut ouvrir à la première lecture ! Je ne suis pas convaincue par le parallèle avec Orphée et Eurydice qui est fait dans la quatrième de couverture, encore moins avec la description d'une sorte de monde de larves... On a souvent l'impression de gens plus vivants et désirants que les vrais vivants.

Citations :

  • Deux jours après m'être suicidé, j'ai trouvé du boulot ici, dans une pizzeria qui fait partie d'une chaîne, le Kamikaze.
  • La veille, quand Ari est venu installer les boules de billard sur la table, j'ai vu l'une d'elles se transformer en oeuf. Je dois dire que je brûle d'envie d'accomplir mon premier miracle, peu importe lequel, même un miracle stupide.
  • Je lui ai raconté que le père d'Ari appelait l'endroit où nous avions atterri Ombredemort, parce que tous les gens qui se trouvaient ici ne désiraient plus rien, qu'en les côtoyant on avait l'impression que tout allait bien, alors qu'en fait on état déjà à moitié mort. Lihi a dit en riant que la plupart des gens qu'elle avait connus avant d'en finir étaient soit à moitié, soit complètement morts (...).